SCÈNE II Les Mêmes, LE PRINCE
;Le prince esl entré par le fond, à gauche, et il a vu Agénor eiécut.:-. rence cérémonieuse. Il a l'allure à présent vive et joyeuse.;
LE PRINCE, à Truguclin.
Quel étrange encensoir au nez on vous balance! Et que jouez-vous là? Des scènes de Guignol? Avez-vGus vu Bibus? 11 cherche un rossignol Qui doit avoir son nid par là...
(Il raonlre les bois taillis.) TRCGUELI.N, aimable.
Dans le bocage !
LE PRINCE
Et que pour Jouvenette on voudrait mettre en cage. Est-ce que vous Lavez entendu chanter?
AGÉNOR
Qui?
Bibus?
LE PRINCE
Non, l'oiseau.
TUUGUELIN
Ah! ça qui l'ait : ki, ki, ki!
LE PRINCE, indigné.
Taisez-vous.
TRUGUELIN
Mais c'est ça qu'il faisait, tout à l'heure...
LE PRINCE
Ah ! fi ! Parler ainsi du rossignol qui pleure !
Vous n'êtes pas honteux! Traiter de la façon
Cette délicieuse et magique chanson,
Si belle, qui tantôt s'extasie en fusées
Égrenant un rosaire aux perles irisées,
Et tantôt se lamente avec le sanglot lent
D'un violon pâmé sous un archet dolent,
Et qui, dans la forêt nocturne qu'elle enchante,
A l'air d'être la nuit elle-même qui chante!
Ah! profanes! Cœurs secs! Vous n'avez donc rien là?
(En se frappant le cœur.) TRUGUELIN
Votre Altesse vraiment a pris vile le la! Un tel enthousiasme !
AGÉNOR
Et pour si peu de chose !
TRUGUELIN
Voilà, certe, en huit jours, une métamorphose!...
LE PRINCE
Une métamorphose, en effet! Je me sens Devenir un autre homme aux effluves puissants De cette libre vie en plein air. Mes prunelles S'ouvrent à ces clartés qui fleurissent en elles. Dans mes veines mon sang galope, alerte, gai. Plus de ces lourds ennuis où j'étais fatigué •