‹ Vers la joie; conte bleu, en cinq actes, en versChapitre 69 sur 107 · ACTE THOISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE THOISIÈME

Bon.

Et de la mousse avec,

Si c'est possible.

LE PRINCE, avec un sipne d'assentiment.

Ah!

JOUVE NETTE, trouvant la cage, posée par terre, derrière le tronc renverse à droite.

Tiens! Une cage perdue!

(L'élevant en lair et l'admirant.)

Elle est, ma foi, jolie. En jonc. Toute tendue De feuillage. On dirait un gros nid vu de loin.

(Elle la rapproche de son visage pour l'examiner de plus près.)

Ah! quel malheur! C'est un rossignol! Dans le coin, Regardez! A travers les barreaux je le touche; 11 ne bouge pas. Mais, si doux, quel air farouche! Comme ils sont tristes, ses beaux seux tout grands ouverts ! Le pauvret! 11 mourra, loin de ses arbres verts, Loin de ses chers petits, loin de celle qu'il aime. Il mourra de chagrin, et sans rien dire même, Trop fier pour qu'en prison chante son libre chant. Ah ! celui qui l'a mis en cage est un méchant.

LE PRINCE

C'est vrai. Mais ce méchant, oh! bien involontaire, Pardonnez-lui. C'est moi.

Non! Voulez-vous vous taire! Je ne vous crois pas. Vous, que tout le monde ici A toujours vu si bon, si pitoyable, si...

108 VEBS LA JOIE

LE PRINCE

C'est bien moi. Ma mauvaise action fut aidée. On fit la cage. On prit l'oiseau. Mais j'eus l'idée. Je voulais vous offrir un présent. J'espérais...

JOUVENETTE

Qui vous aida?

LE PRINCE

Bibus.

JOUVENETTE, 1res étonnée.

Lui !

LE PRINCE, 1CV0U1-

L'a-t-il fait exprès?

JOUVENETTE

Pourquoi donc?

LE PRINCE

Ah ! pourquoi ! Tenez, je le devine.

Oui, ce doit être pour qu'une bouche divine Donnant cette leçon m'en rehaussât le prix Et m'apprît à chérir ce que j'aurais appris.

JOUVENETTE

Vous me parlez comme un qui lirait dans un livre.

Vous, bien mieux! En un clair parler qui me délivre De la brume dernière où je vais me cherchant. Car si je fus, sans y prendre garde, un méchant, Ce n'est pas seulement pour ce chanteur sauvage, Mais c'est pour ma pauvre âme aussi, qu'en esclavage

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