ACTE TKOISIÈBIE
Non pas fort comme sont nos gas, mais... le contraire; El vous me paraissiez être un très jeune frère A qui je manquais plus qu'à mes frères d'avant.
(En se levant et en s'éloignant peu à peu.)
J'en suis sûre aujourd'hui, vous êtes un savant, Plus haut que moi, dame ! Et, c'est mal, c'est égoïste; Mais, joyeuse de vous voir guéri, je suis triste A songer que bientôt vous n'aurez plus besoin De personne, et qu'alors vous vous en irez loin. Quittant notre maison, tout en l'ayant chérie. Comme Tagneau sevré quitte la bergerie.
LE PRINCE
Non, Jouvenette, non; le mal dont je souflrais,
II a toujours besoin de vous, d'avoir tout près
Vos yeux riants, flambeaux de votre âme ingénue.
Et par qui la clarté dans ma nuit est venue.
Vous quitter, ce serait rentrer dans cette nuit,
Et plus affreuse encore, après l'aube qui luit.
Un savant, moi! Plus haut que vous! Non! Un pauvre être.
Voilà ce que je suis, certe, et veux vous paraître
Aujourd'hui comme hier, comme les premiers jours.
Et demain, et plus lard, Jouvenette, et toujours!
JOUVENETTE
Vous ne partirez pas, alors! Ah! quelle joie!
LE PRINCE
Je suis au paradis pourvu que je vous voie. L'aube que j'attendais devant moi resplendit.
JOUVENETTE
Je comprends maintenant ce que vous m'avez dit. Ce n'est plus votre voix seulement qui m'attire.
LE PRINCE
Je ne vous ai rien dit comme il fallait le dire.
JOUVENETTE
Puisque j'en suis contente ainsi, soyez content.
LE PRINCE
Un mot est dans mon cœur, et votre cœur l'entend.
JOUVENETTE
Le mien le dit aussi. Vous l'entendez de même.
LE PRINCE
Vous n'osez plus parler.
JOUVENETTE
Vous non plus.
Si!,.. Je t'aime.
(Il lui prend la tôle et lui donne un long baiser.)