‹ Vers la joie; conte bleu, en cinq actes, en versChapitre 71 sur 107 · ACTE TKOISIÈBIE · texte numérisé non relu

ACTE TKOISIÈBIE

Non pas fort comme sont nos gas, mais... le contraire; El vous me paraissiez être un très jeune frère A qui je manquais plus qu'à mes frères d'avant.

(En se levant et en s'éloignant peu à peu.)

J'en suis sûre aujourd'hui, vous êtes un savant, Plus haut que moi, dame ! Et, c'est mal, c'est égoïste; Mais, joyeuse de vous voir guéri, je suis triste A songer que bientôt vous n'aurez plus besoin De personne, et qu'alors vous vous en irez loin. Quittant notre maison, tout en l'ayant chérie. Comme Tagneau sevré quitte la bergerie.

LE PRINCE

Non, Jouvenette, non; le mal dont je souflrais,

II a toujours besoin de vous, d'avoir tout près

Vos yeux riants, flambeaux de votre âme ingénue.

Et par qui la clarté dans ma nuit est venue.

Vous quitter, ce serait rentrer dans cette nuit,

Et plus affreuse encore, après l'aube qui luit.

Un savant, moi! Plus haut que vous! Non! Un pauvre être.

Voilà ce que je suis, certe, et veux vous paraître

Aujourd'hui comme hier, comme les premiers jours.

Et demain, et plus lard, Jouvenette, et toujours!

JOUVENETTE

Vous ne partirez pas, alors! Ah! quelle joie!

LE PRINCE

Je suis au paradis pourvu que je vous voie. L'aube que j'attendais devant moi resplendit.

JOUVENETTE

Je comprends maintenant ce que vous m'avez dit. Ce n'est plus votre voix seulement qui m'attire.

LE PRINCE

Je ne vous ai rien dit comme il fallait le dire.

JOUVENETTE

Puisque j'en suis contente ainsi, soyez content.

LE PRINCE

Un mot est dans mon cœur, et votre cœur l'entend.

JOUVENETTE

Le mien le dit aussi. Vous l'entendez de même.

LE PRINCE

Vous n'osez plus parler.

JOUVENETTE

Vous non plus.

Si!,.. Je t'aime.

(Il lui prend la tôle et lui donne un long baiser.)

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