‹ Vers la joie; conte bleu, en cinq actes, en versChapitre 95 sur 107 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

B UCIN, revenant, la proclamation à la main.

Tenez, voici la chose.

TOUS, effrayés.

Arrachée!

Avec joie !

Qu'on venge par ma mort les décrets méprisés! Ça m'est égal. Je fais mon devoir, moi.

(Tendant la proclamation au prince.)

Lisez!

{Le prince lit. Un grand silence. Tout le monde l'observe, aniieux. On voit peu à peu sa face pâlir, puis couler ses larmes, lentes.)

LE PRINCE

Hélas! c'était donc vrai. Je suis un prince infâme... Pardon, vous tous, pardon!... .\h! mon crime réclame Un châtiment. C'est moi qui me l'infligerai. Oui, cet homme a raison, en se disant frustré Qu'on lui préfère un tel mauvais prince pour gendre. Je veux qu'il me la donne et non pas la lui prendre, Cette douce compagne à laquelle il prétend. Je veux m'en rendre digne en la lui disputant. S'il consent à m'avoir pour rival, c'est encore Plus que je ne mérite et c'est lui qui m'honore.

(Allant à Bruin et lui tendant la main.)

J'ignorais mon devoir sans toi, brave garçon. Tu me las enseigné.. Merci de la leçon! Que la lutte, arrêtée entre nous tout à l'heure, Soit rouverte, Bruin; mais plus noble et meilleure! Et puisque Jouvenette en doit être l'enjeu. Je commence. Bibus, sois fier de ton neveu ! Les décrets, abolis! Aux ennemis, la guerre! A mon métier de roi si je ne m'entends guère,

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Patience! Je vais l'apprendre en le faisant;

Car tout mon bon vouloir s'y met dès à présent;

(A Nanet.)

Et quand je reviendrai dans la chère famille, Fidèle fiancé, te demander ta fille, C'est que ce dur garçon pourra dire, l'ancien. Que je sais mon métier comme il connaît le sien!

(Rideau.)

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