ACTE QUATRIÈME Ul
Demande-lui donc voir, à lui qu'on me préfère, S'il connaît son métier comme moi mon affaire !
Hardi ! Tu parles d'or.
Demande-lui donc voir Si c'est dans son métier et s'il fait son devoir, De s'en venir chez nous, caché, courir la fille...
(Au prince qui fait un mouvemenl.)
(Âh! laissez-moi finir, vous!)... pendant qu'on nous pille, Qu'on nous saigne, qu'on veut nous égorger d'impôts. Et qu'à nos ennemis, insultant ses drapeaux, En son nom, sans se battre, on livre une province?
(Venant se planter devant le piince.)
Prince tant qu'on voudra! Tu n'es qu'un mauvais prince!
LE PRINCE, très caime.
Je ne vous comprends pas.
BIBUS
il paile clair pourtani, .Si claii-, qu'on vous a vu rougir en l'écoutant.
LE PRINCE
Certes; car c'est un crime infâme, sans excuse. Abominable, fou, sans nom, dont il m'accuse. J'ai rougi qu'on m'en crût capable seulement. Mais je ne l'ai point fait. C'est faux. Cet homme ment.
BRUIN
Je ne mens pas.
BIBUS
Bruîn ne ment pas. A voix haute Je l'affirme avec lui, moi : vous êtes en faute.
LE PRINCE, déconcerté.
Ah ! comment?...
BRUIN
Les décrets rendus en votre nom !
LE PRINCE, sans comprendre.
Les décrets!...
BRUIN
Vous avez bien dû les lire?
LE PRINCE
Non.
BRUIN
11 ne sait même pas le mal qu'on lui fait faire ! Attendez!
(Il court à la porte et sort.) (La foule est agitée d'un grand frisson murmurant.)
TRUGUELIN, avec mépris.
Ce garçon...
LE PRINCE, lui imposant silence du geste, puis partant d'un air grave et très lentement.
La leçon est sévère; Mais l'outrage me plaît, si je l'ai mérité, Et, que j'en souffre ou non, je veux la vérité.
BIBUS, venant lui serrer la main.
Bien! Le sentier est dur; mais c'est la bonne voie.