PRÉFACE ' XV
réalisées^ ont aussi été en grande partie déçues. Les républicainSy triomphants^ grâce à Vaffaire Dreyfus^ de leurs adversaires affaiblis et déshonorés, ne se sont pas toujours montrés dignes de la victoire qu'ils avaient remportée. Ils ont trop vu dans le pouvoir un moyen de dominer et de jouir ; ils ont trop sacrifié à la politique électorale, gaspillé les ressources du budget pour acheter la popularité ou s' assurer des partisans par des faveurs, faussé dans maints départements la sincérité des scrutins^ fait peser sur leurs adversaires une tyrannie mesquine et tracassière, apporté dans Vadministration et dans Varmée le même esprit de parti-pris et d'intolérance dont ils avaient euxmêmes souffert, appliqué aux réactionnaires les mêmes procédés de persécution qu'ils leur avaient tant reprochés. Même la Ligue des Droits de l'Homme, qui aurait dû montrer pour tous une égale sollicitude, n'a pas osé élever la voix quand des mesures illégales étaient prises contre les catholiques; plus d'une des sections de la Ligue est devenue plutôt un comité d'action électorale qu'une association de protection sociale, indépendante de tous les partis. Enfin l'harmonie^ qui avait un instant paru réunir tous les groupes républicains, n'a pas tardé à faire place aux querelles d'autrefois. Les revendications révolutionnaires sont devenues plus âpres que jamais; et ceux qui n'avaient été conduits dans leur lutte contre les abus du militarisme que par la volonté de doter la France d'une armée uniquement préoccupée de ses devoirs militaires, de la patrie^ et de la démocraVxc, ont