XIV PRÉFACE
les victimes des injustices sociales. Le gouverne^ ment et la Chambre donnaient au pays la liberté d* association y depuis si longtemps promise et attendue en vain ; ils s'efforçaient de transformer l'armée en une grande école de civisme et d^éducation républicaine; ils multipliaient les lois d'assistance et de protection sociales ; enfin ils osaient la plus grave, la plus redoutable des réformes^ la séparation des Eglises et de l'Etat^ la laïcisation complète de l'Etat français. Dans la nation tout entière^ un esprit nouveau semble naître .' au scepticisme^ à l'indifféj^ence qui avaient dominé dans les masses^ de i88g à iSg'j , succédait une fièvre d'action civique et sociale. Des Universités populaires se créaient de tous côtés, et la préoccupation de l'éducation du peuple s'emparait de la jeunesse studieuse, des at^tistes, des littérateurs, des professeurs des Universités, des hommes politiques. Toutes les fractions du parti républicain, depuis les opportunistes jusqu'aux socialistes, jusqu'aux anarchistes même, réunies un instant pour la défense d'une même cause, oubliaient leurs querelles d'antan pour travailler ensemble à faire une France plus juste et plus honnête. Et les partis réactionnaires eux-mêmes étaient contraints de prendre pour drapeau les mêmes idées que leurs adversaires, les idées de défense patriotique et de réforme sociale.
Tout le mouvement politique et social qui s'est produit depuis iSgg, est sorti de l'affaire Dreyfus, tout, le bien et le mal. Il faut bien l'avouer^ /ros esj?érances^ si elles ont été sur quelques points