‹ Vers la justiceChapitre 14 sur 100 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

l'AfYaire avec une passion si violente qu'elle affolait l'esprit public. Le combat était de toutes les heures. S'élever contre des affirmations souvent audacieuses, parfois habiles, toujours perfides, c'était se déclarer partisan du traître et faire le jeu de l'étranger. Réfuter la calomnie, en montrer l'indignité et le néant, c'était porter atteinte à l'honneur de l'armée et mettre en doute la parole de ses chefs. Un ouragan d'injustice était déchaîné, toute objection devenait un acte coupable, tout raisonnement n'était plus qu'une trahison. Alors s'écrivaient ces lettres insultantes que devait recevoir quiconque luttait contre les faussaires. Pénibles à lire mais honorables à recevoir, elles montraient plus nettement la route à suivre.

Dans le dédale de ces accusations, de ces mensonges, de ces calomnies, nul guide ne me fut plus sûr que la sévère discipline des études théologiques. Formé à l'école de maîtres, dont la science égalait la droiture, je me fis un devoir de n'accepter aucune information sans l'avoir soumise à un examen rigoureux.

Si, par la suite, les événements ont justifié, sur plusieurs points, des réflexions faites cependant en pleine crise, je l'attribue, pour une bonne part, à cette méthode de travail, mais plus encore au fait d'avoir porté la question sur le terrain moral et de ne l'avoir jamais déserté.

Dans la certitude que Scheurer-Kestner, le colonel Picquart, le docteur Gibert, Gabriel Monod, Matthieu Dreyfus, Bernard LazaTxe, Yà^^\v^^^

Page 1