XX INTRODUCTION
Trarieux, Joseph Reinach, Zola qui, les premiers s'engagèrent dans cette grande affaire, n'obéissaient qu'aux sentiments les plqs élevés, je ne doutai point de la justice de la cause dont ils prenaient la défense et je les suivis. Ma conviction devint d'autant plus forte que j'étais contraint de juger à sa valeur, cet homme, que chaque jour révélait misérable entre tous, ce commandant Esterhazy, que les adversaires de la revision défendaient avec une si furieuse passion.
Je demeure persuadé que si tant d'erreurs se sont produites, la cause primordiale en est due à l'oubli, trop souvent volontaire, où fut laissé le côté moral de l'Affaire. Il est des vérités morales qui valent les axiomes mathématiques ; en leur demeurant fidèle, la route à suivre devient moins dangereuse et les obstacles peuvent être surmontés.
Nul ne s'étonnera si parfois Tindignation a armé ma plume. En ces temps mauvais demeurer impassible était au dessus des forces. Lorsque les accusations de trahison étaient lancées sans répit contre les protestants traités de sans-patrie; lorsque de hideuses affiches s'étalaient avec impudeur sur nos murs, pour déchaîner les haines de race et de religion, ni l'indifférence, ni le mépris n'étaient de mise ; combattre était le devoir.
Si je publie ce livre, c'est pour répondre à ces accusations aussi fausses qu'injustes dirigées contre les protestants à l'occasion de l'Affaire. On a parlé si étrangement de l'esprit protestant, qu'}} m'a semblé nécessaire de faire connaître