XXII INTRODUCTION
était le premier devoir. Il était impossible d'admettre qu'un accusé pût être condamné sur la production de pièces dont ni lui ni son avocat n'avaient eu connaissance. Il était intolérable que les défenseurs d'une juste cause fussent accusés d'être les ennemis delà patrie et de l'armée. Justice devait leur être rendue et nous n'avons cessé de la réclamer.
Contre les protestants la calomnie ne s'arrêtait pas aux vivants, non moins odieuse elle s'attaquait aux morts, insultant à la mémoire de nos grands ancêtres. Nous en avons donc appelé à la justice de l'histoire pour confondre les insulteurs. Défendre toujours et partout la justice, telle fut l'unique pensée qui inspira la campagne en faveur de la revision, que soutinrent le Signal et la Revue chrétienne, dès le mois de novembre 1897 (1).
Ce livre est écrit par un chrétien qui croit comprendre la grande parole de son maître : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Il n'a pas fait œuvre politique, mais le jour où la justice fut en danger, il prit parti. Il ne pouvait oublier que l'Evangile ne mériterait pas son nom divin, si ses fidèles demeuraient indifférents devant les iniquités et ne souffraient pas avec les persécutés.
(1) Si je m'étais réservé de suivre d'une manière spéciale, dans le Signal, la marche de l'Affaire, je tiens à rendre hommage à mes collaborateurs qui, à diverses reprises, s'unirent à moi pour la défense d'une grande cause, c'est avec une sincère reconnaissance que je rappelle ici les noms de MM. R. Allier, L. Comte, Draussin, Gibrac, A. Le Boy, Reveillaud.