ESTERHAZY ACCUSE LE L.-COLONEL PICQUART
plus qu'une chose, c'est qu'il fût interdit au colonel Picquart de revenir en France pour faire justice de ces calomnies !
Jamais, pour notre part, nous ne nous résignerons à croire, sur les dénonciations du commandant Esterhazy, si sévèrement jugé par ses camarades, qu'un officier, chargé de Tun des services les plus importants de l'armée, se soit rendu coupable d'une telle forfaiture. Nous ne savons pas exprimer notre détresse devant ce flot montant de suspicions qui menacent nos officiers. Aujourd'hui c'est le colonel Picquart, qui nous dit que demain ce ne sera pas un autre ?
Forain, dans un dessin tragique, nous montre un camelot criant : a Lisez l'arrestation du capitaine X, du colonel V, du commandant Z et sous l'image se lisent ces mots : VEcole de la, déroute, »
Oui, il y a, à l'heure présente, une déroute des esprits et l'on ne mesure pas le mal immense qui se fait par cette suspicion qui s'en va, pénétrant partout.
Nous réagissons, de toutes nos forces, en affirmant que le chef du service des renseignements ne peut pas être l'homme que nous représente le commandant Esterhazy.
Nous maintiendrons énergiguement cette affirmation jusqu'au jour et à l'heure où nous aurons les preuves du contraire.
Signai (20 novembre 1897).