‹ Vers la justiceChapitre 22 sur 100 · ESTEBHAZY ACCUSE LE L. -COLONEL PICQUART · texte numérisé non relu

ESTEBHAZY ACCUSE LE L. -COLONEL PICQUART

cetofïrciera lancée contre le colonel Picquart(l).

Il est inutile de marquer l'abomination d'une accusation qui fait d'un officier éminent un voleur et un falsificateur. Quel est l'homme ainsi accusé? Les renseignements que nous possédons, dit un journal connu par sa violence — La Pairie, — sont très favorables.

Le colonel Picquart, alsacien d'origine, — il est né à Strasbourg — est âgé d'environ quarante-trois ans. Ancien professeur à l'Ecole de guerre, il a été appelé à succéder au colonel Sandherr, à la tête du service des renseignements, lorsque celui-ci, déjà vaincu par la maladie qui devait l'emporter, dût renoncer à le diriger. Au commencement de cette année, il a été appelé à servir au 3® tirailleurs en garnison à Sousse. Eloigné de France, il ne connait encore, sans doute, que vaguement les infamies dont le commandant Esterhazy prétend le rendre coupable.

Mais comment M. le général Billot n'intervientil pas, alors qu'un officier est mis en cause dans de telles conditions. Comment pas un mot, pas un seul ! Mais ne sait-il donc pas que son silence reste inexplicable ! En vérité, il ne manquerait

sant que des documents militaires confidentiels avaient été livrés à un agent d'une puissance étrangère. Cette lettre missive, appelée le bordereau, est demeurée célèbre sous ce nom.

(1) Esterhazy avait écrit : « Je sais que vous avez composé un dossier clandestin avec des pièces secrètes confiées à votre honneur et que vous l'avez remis aux amis de Dreyfus, le fait est certain. »

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