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LA VRAIE DISCUSSION

cisme ne s'effrayait en rien du judaïsme de M. Naquet, le grand conseiller du boulangisme.

L'heure n'est-elle pas venue, impérieuse pour les vrais républicains, pour les vrais libéraux, de se ressaisir et de mettre, par une ferme volonté, fin à ces luttes ? On a tenté par une polémique ardente, de mettre en opposition l'attachement à l'armée et la défense de son honneur, avec le souci sacré de la justice. Or. il ne faut pas se lasser de le redire, cette opposition est rinjustice même, et tous les efforts doivent tendre à le montrer, a N'y a-t-il point, écrit le Temps, des lois qui les concilient pleinement, mais il faut s'en tenir à ces lois et maintenir rigoureusement et pour ainsi dire enmurer dans le domaine judiciaire, les affaires d'ordre judiciaire, les soustraire aux passions du forum et de la tribune et les préserver du mortel contact de la politique; »

Le Temps écrit : « On peut ne plus parler de Dreyfus », Soit; mais on doit toujours parler de la justice.

La préoccupation est si grande dans les esprits qu'il n'est au pouvoir de personne de faire le silence. Qu'on remarque bien qu'il ne s'agit pas tant de la culpabilité ou de l'innocence de Dreyfus, que de la garantie légale des citoyens contre tout arbitraire. C'est sur ce terrain où se rencontreraient tous les vrais libéraux qu'on pourrait ouvrir la discussion la plus élevée et la plus nécessaire.

Signa/ (21 janvier 1898).

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