‹ Vers la justiceChapitre 79 sur 100 · LE DISCOURS DE M. CAVAIGNAC · texte numérisé non relu

LE DISCOURS DE M. CAVAIGNAC

démonstration, être de bonne foi, à les examiner et à les discuter à leur tour. Plus il a tenu à les convaincre, plus il leur a donné le droit et les moyens de travailler euxmêmes à leur propre conviction. Pour son compte personnel, sortant du formalisme légal du principe de la chose îugée, il n'a pas voulu croire d'autorité et sans examen à la décision des premiers juges ; il n'a pas pensé qu'il leur manquait de respect, en essayant d'arriver lui-même à la vérité. Quiconque agit ainsi, ministre ou non, ne veut pas substituer sa propre autorité à celle de l'état-major qu'il a cru devoir contrôler. Dès lors, qu'on le veuille ou non, il ouvre le champ à la discussion et au contrôle. Il ne peut y avoir ni * interdiction, ni peine qui interviennent pour empêcher ceux que la question intéresse ou ceux qui se croient en cela quelque compétence, d'examiner et de dire si les pièces qui ont convaincu le ministre sont capables ou non de les convaincre eux-mêmes.

Il y a six mois, nous écrivions :

« Nous nous trouvons en présence dun jugement qui a pour nous l'autorité de la chose jugée.

a Mais nous devons affirmer, pour la sauvegarde d'un droit sacré, qu'il est impossible d'empêcher des citoyens de réclamer la revision d'un procès, s'ils estiment dans la droiture de leur conscience et à leurs risques et périls qu'une erreur judiciaire a pu se produire. »

Telle fut dès le premier jour notre conviction et c'est en lui demeurant inviolablement fidèle que nous avons examiné les événements qui se sont déroulés depuis.

Il nous sera permis de faire remarquer à quel point le jugement du Temps concorde avec celui que nous exprimions dès les premiers jours.

Signal (10 juillet 1898\.

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