LE DISCOURS DE M. CAVAIGNAC
Le discours de M. Gavaig^ac.
Dans la séance du sept juillet, M. Cavaignac, avait affirmé « sa certitude absolue de la culpabilité de Dreyfus », la basant surtout sur la fameuse dépêche. « J'ai lu qu'un député va interpeller sur Dreyfus, je dirai que jamais j'avais des relations avec ce juif. C'est entendu. Si on vous demande, dites comme ça, car il faut que on sache jamais personne ce qui est arrivé avec lui ». — La Chambre avait voté l'affichage du trop célèbre discours du Ministre de la guerre qui devait, les adversaires de la révision le croyaient, terminer pour toujours rAfïaire. Dans l'extraordinaire confusion qui suivit, le Signal fît une réserve que devaient justifier les événements.
Le discours de M. Cavaignac a provoqué, comme on devait s'y attendre, les jugements les plus opposés, mais il est permis de conclure que s'il enlève l'affaire Dreyfus à la politique, il la rend à la justice. « Jamais, a-t-il dit, avec un accent de fermeté et de sincérité auquel tous ont rendu hommage, jamais aucune raison de salut public quelle qu'elle fût, ne pourrait me déterminer à maintenir au bagne un innocent. » Aussi le Temps, fait-il à ce sujet les réflexions suivantes auxquelles nous nous associons pleinement.
En communiquant à la Chambre et au public un certain nombre de pièces, à ses yeux décisives, M. Cavaignac invite en quelque sorte ceux qu'il a supposés, en commençant sa