ATHÊNES
Le 26 avril, 1909.
Nous visitons Athènes. Ce petit coin de terre a rempli le monde de son nom, de ses oeuvres et de son influence. La Grèce se présente devant nous avec son brillant passé, à cette époque où les arts et les sciences atteignaient leur apogée. On se rappelle Isocrate, Lycurgue, Démosthène, ses orateurs entraînants ; Socrate, Platon, ses profonds philosophes ; Thémistocle, Aristide, ses célèbres guerriers ; Phidias, l'immortel architecte de son Parthénon. Nous allons voir les temples superbes de Minerve et de Thésée, ses cariatides, ses sculptures fines, les statues parfaites de ses dieux.
La sculpture a créé des déesses nombreuses. On était même rendu au point de diviniser tout ce que le génie humain pouvait inventer. Ce culte des dieux était l'occasion de grandes fêtes, de cortèges
splendides où toute la magnificence romaine se déployait avec un faste inoui : Le Char du dieu était
Cet homme étrange paraissait avoir plus de soi- Xante-ans. Il avait une face blême, ‘embroussaillée d’une barbe épaisse, des gros Sourcils noirs qui se rejoignaient sur le front, un nez aQuilin et des yeux
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278 VERS LA TERRE-SAINTE Perçants où s'allumait une flamme mystérieuse. Sa taille était courte, son Corps voûté, et sa tête petite et chauve contrastait avec ses larges épaules. Il était presque effrayant, mais sa voix était très douce. (Henri Guerlin.) Que veut dire ce discoureur ? Il semble qu'il prêche de nouveaux dieux ? Et ils le Prirent, le menèrent à l'Aréopage qui était le sénat
. dela ville:
« Je viens de la part de Celui qui a créé le ciel e* la terre et qui vous a créés vous-mêmes. Je ne Vous annonce pas la vérité selon Pythagore, ni selon Platon, ni selon Paul de Tarse, mais bien la vérité selon Dieu. Athéniens ! Je vois qu'en tout vous êtes religieux à l'excès! Passant en effet dans Vos rues et regardaz.. les objets de votre culte, j'ai trouvé un autel: Ayw Dieu inconnu. Celui que vous honorez sans le connaître est celui que moi, je vous annonce. Le Dieu qui a fait le n.onde et tout ce qu'il renferme, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas dans les temples faits de mains d'hommes, et il n’est point honoré par leurs ouvrages!
— 11 blasphème contre les dieux! disaient les Athéniens en colère. »
Paul continua parmi les clameurs qui parfois Couvraient sa voix: «Nous ne devons pas croire que la divinité soit semblable à de l'or, à de l'argent ou à de la pierre dont l'art et l'industrie des hommes ont
VERS LA TERRE-SAINTE 279 cessité de faire Pénitence et qu'il parla de la résur.
embrassèrent la foi, entre lesquels furent Denys, sé. nateur de l'aréopage, une femme nommée Damaris
et d'autres avec eux.» (Actes des APôtres, XVIII. 14-34.)
suite le théâtre de Bacchus et Ja Prison de Socrate. On descend se reposer à l'Odéon d'Hérode Atticus (104-180),édifice dont l'intérieur en amphithéâtre ser. vait pour les Concours de musique et de poésie,
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Toutes ces ruines sont assez bien conservées: elles “ont de la beauté, mais elles n’ont pas la grandeur majestueuse de celles de Ba'albek.
Dans la Grèce moderne nous visitons le musée des antiquités grecques, l'arène des jeux olympiques formée de gradins en marbre où peuvent s'asseoir 60,000 spectateurs. A la cathédrale Saint-Denys l'Aréopagite nous adorons Notre-Seigneur au taberl'ai; chez les bonnes Sœurs de la Charité de Saint- Joseph nous acceptons une collation servie dans tous les goûts : les tables sont garnies de gâteaux qui fondent dans la bouche, de limonades délicieuses et d'une petite bière du Pays qui chatouille la luette. Nous sommes charmés de cette hospitalité fraternelle. Vive les bonnes Sœurs et leur sonne petite bière !!
La ville est remarquable par ses maisons aux façades de marbres blancs. décorées de statues très artistiques, mais drapées un peu trop légèrement. Les avenues sont larges, belles, bordées de palmiers et d’acacias fleuris.
Le palais du roi Georges est magnifiqe avec son escalier monumental, son allée garnie d’arbrisseaux et ses pelouses au gazon fraîchement taillé.
Nous sommes enfin dans un monde nouveau et nous nous réjouissons du contraste; les Arabes bronzés,les Turcs brunis, les Juifs amaigris sont dis- Parus pour donner place aux beaux Grecs, vêtus de leurs costumes légers et délicats,
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