‹ Vers la Terre-Sainte [microforme]Chapitre 65 sur 105 · DRE · texte numérisé non relu

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apôtres Pierre et Paul et tout près dans le Vatican est :e prisonnier royal, Sa Sainteté Pie X, Pontife et Chef de l'Eglise par le monde entier. C'est donc au centre de la foi que nous sommes venus renouveler nos serments de fidélité, à la source du catholicisme, demander la force d’être toujours de véritables chrétiens, et au trésor de l'Eglise, puiser les grâces qui nous ouvriront le ciel aussi qu’à tous ceux qui nous sont chers.

C'est avée bonheur que tout catholique voit Rome ; mais le bonheur semble plus grand. encore pour le prêtre, puisqu'il vient visiter le Vicaire de’ Jésus-Christ, le Chef de l'Eglise catholique de qui il tient, par la suite de la hiérarchie ecclésiastique, tous ses pouvoirs de prêtre et de ministre de Dieu. C'est par l'autorité du Souverain Pontife que son évêque lui confère le pouvoir d'exercer les importantes fonctions de son sacerdoce. Ici, il se sent donc confirmé dans sa sainte vocation, et il trouvera dans cette visite un plus grand zèle et une nouvelle ar. deur pour accomplir fidèlement ses devoirs.

En arrivant, nous nous sommes adressés au Séminaire Canadien. Monsieur le Supérieur, le Rév. Père Clapin, nous offrit la plus cordiale bienvenue. Vous êtes en terre canadienne, Mgr Hébert et M. le curé L’Archevêque, dit-il. Les trente prêtres de ma maison sont de la vieille Province de Québec et ils sont heureux, autant que je le suis moi-même, de

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recevoir des compatriotes. Vous êtes chez vous ; voici vos chambres, Ces lettres vous ont devancés de quelques jours: lisez vite, cesont des nouvelles du pays».

Notre résolution était prise d’hier ; i faut dire notre première messe de Rome au tombeau des saints Apôtres. Nous nous dirigeons vers la basilique vaticane, nous traversons la grande piazza (place) Saint-Pierre et nous voilà dans la plus grande église du monde. Je n'essaie pas de vous expliquér tout ce que j'y vois de beau et d'étonnant, je serais à court de paroles. Nous allons tout de suite revêtir les ornements sacrés et nous célébrons la messe pro populo, c'est-à-dire Pour nos paroissiens puisque c'est aujourd’hui dimanche. Si les fidèles

prient mieux lorsqu'ils entrent dans de pieux sanctuaires, les prêtres disent la messe avec plus de dévotion lorsqu'ils ont le bonheur de sacrifier sur les autels des temples privilégiés, comme l'est cette

sainte basilique, la mère et la maîtresse de toutes les églises.

UNE BEATIFICATION

Rome passe parune série de fêtes qui ont un éclat plus qu'ordinaire. I] y a 15 jours, le dimanche,

18 avril, l'Eglise plaçait sur ses autels Jeanne d'Arc, la bienheureuse, l'héroïne d'Orléans. La France entière y'était représentée. Dimanche dernier, le 25 avril, le Vénérable Jean Eudes, prêtre de Normandie, apôtre des S. S. Cœurs de Jésus et Marie recevait les mêmes honneurs. Aujourd’hui, ce deux mai, il s’agit de la solennelie béatification de Mgr Stephane Théodore Guénot, vicaire apostolique de la Cochit.. hine, de Francois de Capillas religieux dominicain, de Jean Théophane Vénard, missionnaire, et de trente autres prêtres, séminaristes ou catéchistes annamites, martyrisés ou morts prisonniers en Cochinchine.

Peut-on supposer une décoration autre que celle des marbres précieux, des mosaïques admirables, des candélahres aux fines ciselures des lustres monstres et des mille et une autre richesses ? Pour ces fêtes on accroche aux piliers des tentures de soies rouges de Damas galonnées et frangées d’or; on suspend aux. voûtes,aux arches des transepts de grandes toiles peintes sur lesquelles sont relatés les -rincipaux faits de la vie de ceux qui sont l'objet de la fête : aux balcons des loggia Ces quatre chapelles qui soutiennent la coupole immense, il Ya des tableauxétendards qui représentent la vie,les miracles,la mort ou le martyre des Béatifiés. L'abside principale, visà-vis de l'autel papal, oùse fait la cérémonie de la béatification, est illuminée de plusieurs milliers de lam-

pes électriques. Au-dessus de la chaire de Saint-Pierre, supportées par les Statues en bronze de quatre

aux corsages de velours de toutes les couleurs, aux voiles gracieusement

res sont en première ligne. Elles ont bien gagné cet avantage, car elles attendent depuis six heures la sacra funsione.

À 9 h. et demie arrive une brillante procession. C'est d’abord des religieux dominicains: ils sont nombreux, car c'est un des leurs qui est à l'honneur: puis viennent les évêques et les archevêques suivis du sacré Collège formé de cardinaux rouges et blancs ainsi nommés d'après la couleur de leurs habits caruinalices; les premiers appartiennent au clergé séculier,les derniers fdnt partie d'ordres religieux: ils n’ont de rouge que les insignes distinctifs du cardinalat: la calotte et la barrette.

Lorsque tous eurent pris leurs places dans le chœur de la chapelle dite de la chaire de Saint-Pierre, les postulateurs de la cause demandèrent la permission de procéder à la béatification, au cardinal-préfet des rites. Celui-ci ayant accédé à leur demande, un prélat romain monte à l’ambon spécial et lit le décret béatifiant les 33 Confesseurs et Martyrs de la Cochinchine. La lecture terminée, le voile qui couvre l’alcove tombe, la gloire du Bernin s’incendie soudain sous les feux de 25,000 bougies électriques. Les nouveaux Bienheureux apparaissent brillants de clarté, au milieu des nuages et les anges les conduisent aux cieux.

Ce dévoilement de tableau est sensationnel.

Nous nous sentons remués, saisis, ravis à nous-

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mêmes. Les yeux avidement attachés sur les Bienheureux, nous les suivons d'esprit et de cœur dans la céleste patrie. Quel bonheur ont dû éprouver les Parents des Béatifiés, qui étaient présents, à ce moment solennel! Leurs Coeurs débordaient de la joie la plus douce que l'on puisse concevoir! Etaient aux places d'honneur: Mde Virieux et Sœur Saint- Jean, ies deux soeurs du B. Neel. Je suis content d'avoir vu le vénérable chanoine Vénard, curé d’Assais et frère du B. Théophane Vénard. Sa figure rose et fraîche, ses [longs cheveux blancs, sa haute stature le désignaient entre tous. 11 pleurait abondamment. N'est.il Pas Vrai que l’homme, au choc de vives impressions, trahit sa joie par des larmes? C'est le flot du Coeur, Qui jaillit jusqu'aux yeux. Quelques traits de la vie du bienheureux Vé-

jusqu’à la mort.

Dans sa prison de Hanoi, en 1860, il écrivait à son évêque: « J'eusse été heureux de travailler avec

À son bien aimé père, il 6. ivait ces lignes: «Je n'ai point à endurer de tortures comme beaucoup de mes frères. Un léger coup de sabre séparera ma

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tête comme une fleur printanière que le maître du jardin cueille pour son plaisir. Nous sommes tous des fleurs plantées sur cette terre, que Dieu cueille en son temps, un peu plus tôt, un peu plus tard. Autre est la rose empourprée, autre le lys virginal, autre l’humble violette. »

Voici quelyues lignes qu'il écrivit aux missionnaires, ses compagnons d'apostolat : « Je n'aurai qu'à incliner humblement la tête sous la hache et aussitôt je me trouverai en présence du Seigneur Jésus, en disant: Me voici, Seigneur, jesuis votre martyr! Je présenterai ma palme à Notre-dame et je lui dirai: Salut! Marie, O Reine, salut! Et je prendrai rang sous la bannière des tués pour le nom de Jésus et j'entonnerai l'Hosanna éternel. »

Sur le lieu du supplice, au bourreau qui lui demandait un cadeau pour lui éviter de longues souffrances, il répondit avec grand courage: «Plus ça durera, mieux ça vaudra!!»

Cette digression ne me fait pas oublier les belles cérémonies de la messe pontificale qui suivit. La partie musicale était confiée à deux maîtrises formées chacunes de 80 voix. Le chant était accompagné d'orgues et d’orchestres puissants; il fut exécuté avec un brio ravissant. C'était l'écho des concerts arigéliques qui arrivait jusqu’à nous.

La cérémonie de l'après-midi devait être la plus imposante. Le Saint Père, à chaque béatification,

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me um vient dans Saint-Pierre prier devan Bienheureux et donner la crement.

Pour nous « atait un événement, nous devions voir le Pape pour la Première fois. Le Supérieur du Collège Canadien nous avait obtenu des bonnes places près de 1a Confession, c'est-à-dire autour de l'autel papal, (posti intorno alla confessione), par où devait défiler le Cortège pontifical,

Vers 5 heures, °n entend les trompettes d'ar. gent qui nous annoncent que Pie X vient de quitter

t les reliques des bénédiction du T. S. Sa.

bons à genoux Pour recevoir la bénédiction du chef de l'Eglise, du suce

308 VERS LA TERRE-SAINTE og m Père, ou du moins dois-je affirmer que je serais bien en peine de vous dépeindre ses traits! Ce fut pour moi une vision, presque une extase, d’où je suis sorti avec des souvenirs confus. Je n'ai vu qu’un beau et saint vieillard de.7‘ ans, personnifiant la douceur même. J'étais aussi très préoccupé; j'avais promis à mes proches et aux intimes de les avoir à ma mémoire lors de la première bénédiction du Pape, voulant leur faire partager cette grande faveur. J'avais à peine nommé mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs que je dus englober le reste dans un souvenir général, car déjà le cortège papal était loin.

Il y a des manifestations de toutes sortes; on a pu interdire les applaudissements et les vivats bruyants; mais on ne saurait calmer des foules comme celles d'aujourd'hui dans la basilique Saint-Pierre: on agite des mouchoirs, on lève ses bras en signe de joie, on monte sur son pliant, on grimpe sur les estrades pour mieux voir; quelques-uns, plus pacifiques, tendent leurs mains vers le Pontife, l'invoquent, le prient, comme on le faisait au passage de Notre-Seigneur sur les chemins de la Palestine: Saint Père, priez pour nous! Ayez pitié de nous! N’est-il pas le Vicaire de Jésus-Christ sur la terre? N'a-t-il pas les trésors de l'Eglise entre ses mains?

Après que Pie :: se fût agenouillé au pied de l'autel il pria devant les reliques des Bienheureux et pendant la bénédiction il resta absorbé dans un profond recueillement.

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C’est au chant du Tues Petrus,

Cérémonial qu'il est venu, que le S au vatican.

et avec le même aint Père retourne

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