LE DESARMEMENT
Un joujou nouveau qui répète Les blessures et les complète A des distances sans raison, Des amours d'engins à mitrailles Pour de rouges semis d'entrailles Aux quatre coins de l'horizon ;
Des mélinites curvilignes
Et des roburites malignes
Comme cent singes à la fois,
Qui font dans les villes trouées,
Aux pétroles habituées.
Du sang à s'en lécher les doigts;
Et l'Angleterre pacifique, Bible en main, le geste pudique, L'air froid, insolent et vainqueur, Pour des œuvres louches ou pires, Mère-Gigogne de navires, Enceinte à faire mal au cœur;
Et l'Italie avec des plumes Sur le nez, qui brave les rhumes D'un tas d'Alpes, pour nous narguer.
Et qu'il serait si bon de faire.
Sur le versant qu'elle préfère, Descendre sans nous fatiguer.
Désarmons comme eux ! puisque l'heure N'a point hâte d'être meilleure Et que c'est un leurre aujourd'hui D'unir ses mains et de les tendre Vers la beauté d'un ciel plus tendre Où l'aube heureuse n'a pas lui !
Bien qu'un tel rêve nous convie, Trop de voisins avec envie Regardent, fauves éblouis, Toute ta lumière passée Qui n'est pas encore effacée.
Pays de France, ô mon pays !