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LA QUEUE DU LION

A Henri Welschinger.

« On ne marche pas impunément sur la queue du lion britannique... »

Chamberlain, 8 de'c. 1898.

Avec ces façons de recul, Combien de coups de pied au cul Allons-nous recevoir encore?

Nous dont le derrière, autrefois Invisible, causait aux rois Une épouvante tricolore ;

Dont les héroïques plumets Tenaient plus que tu ne promets, Duo chantant : Victoire et Gloire, Et point ridicules vraiment, Érigés fabuleusement Au pur sommet de notre histoire ;

Nous qui charmions en faisant peur, Éblouis par l'orgueil trompeur D'une frontière déplacée, Mais répandant comme un soleil, Rouge de notre sang vermeil, L'aurore de notre pensée!

Or, voici ce que s'est permis, Comme on fait des mots entre amis, En un discours long d'une lieue, Une simple bête, un lion, En montrant des dents d'Albion :

« On ne marche pas sur ma queue ! »

Il dit, et la brandit vers nous, Oubliant que, seuls contre tous. Nos pères le mordaient au mufle.

C'est le même mufle pourtant, Qui ne se gonflerait pas tant Sans le poison qu'on nous insuffle !

Lion, qui n'es qu'un léopard, Fais-toi les ongles sur ta part Et tais ta gueule, bon apôtre!

Ou contente-toi de rugir.

Et crains de voir au ciel surgir Une étoile qui fut la nôtre !

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