‹ Vers le soirChapitre 105 sur 108 · NOUVELLE ANNÉE · texte numérisé non relu

NOUVELLE ANNÉE

A François Coppée.

A la fin du siècle placée, Année à peine commencée, Nous gardes-tu des jours meilleurs?

Quel vent soufflera dans nos voiles?

Aurons-nous pour nous les étoiles?

L'été donnera-t-il des fleurs?

Seras-tu bonne? Es-tu Tamie Qui nous réserve l'accalmie Après tant de ciels nébuleux ?

Nous voudrions cueillir encore, Quand viendra mai qui les colore, Quelques bouquets roses et bleus.

Permettras-tu que nos pensées, Oubliant les laideurs passées, S'allument encore au flambeau Qui fait qu'on suivait notre race Lumineusement à la trace Vers les cimes pures du beau ?

Sois-nous clémente ! que ces choses Ténébreuses, pour toujours closes, Ne se rouvrent pns désormais.

Mais que se rouvrent les corolles De nos lèvres, pour des paroles Harmonieuses à jamais !

Comme la sève fleurit l'arbre, Statuaire, anime le marbre ; Qu'il vive et devienne la chair.

L'argile pure de la femme, Dont la forme vaut presque l'àme Et par qui vivre nous est cher!

Peintre, regarde la lumière !

Que la voix de l'aube première Te parle ; ou que le geste humain, Dans sa misère ou dans sa gloire, Le nôtre ou celui de l'histoire, Se transfigure sous ta main !

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