‹ Vers le soirChapitre 104 sur 108 · LA CLARTE · texte numérisé non relu

LA CLARTE

A Albert Sorel.

La clarté, mais c'est la beauté dans la lumière ! Cette vertu des mots nous est trop coutumière Pour changer d'habitude et pour changer d'amour. Les Grecs avaient pour Dieu des vers le Dieu du jour. Couronné de rayons, parmi les lauriers roses, Il a chanté le ciel, les hommes et les choses. Le verbe est la pensée adorable qui luit, Et qui, dissipant l'ombre et l'horreur de la nuit, Crée, étincelle, éclate et par moment se voile, Mais transparaît avec le regard d'une étoile.

Le vers, dans sa musique exquise et sa couleur, Aime la demi-teinte et le mode mineur.

Il en est de légers, passant comme un bruit d'aile. L'ombre, qui fait tourner les plans et qui modèle, Atténue et reçu e à sa place dans Tait- Un trait trop formulé qui saillirait trop clair. L'image est un accord de tons et de nuances. Le rythme pour chanter exige des cadencts Dont la couleur se perd dans le vague, à dessein, Et ce vague est parfois la grâce du dessin.

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