LES MARRONNIERS DU LUXEMBOURG
Nos jardins français de Lenôtre Cadrent bien avec nos palais, Et cet art pour être le nôtre, N'est pas envié des Anglais.
J'aime pourtant cette verdure, Exacte comme la saison ; La ligne droite n'est pas dure :
Elle prolonge l'horizon.
D'ailleurs, d'une allure incivile, Chez les Médicis, les lilas Ne peuvent pas comme à Chaville Faire bouffer leurs falbalas.
Sombres sur la clarté des marbres, Point sévères pour les amants, Ces marronniers-là sont des arbres Un peu perruques, mais charmants.
LES BORDS DE LA SEINE l'hiver
A Ernest d'Hervilly.
Les bords de la Seine, l'hiver, Sont un décor léger et clair Sous les pâles soleils obliques ; Ils n'ont près d'eux bêtes ni gens, Et, comme des petits Saints-Jeans, Ils sont nus et mélancoliques.
Les peupliers qui, jour et nuit, Au moindre souffle font un bruit Charmant de feuilles remuées, Malgré leur taille sont très laids ; Ils sont devenus des balais Qui ne font pas peur aux nuées.