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LES BORDS DE LA SEINE

Ces cadavres près des sentiers, Hélas ! ce sont les églantiers Dont les roses sont si jolies!

Les moineaux qui, dès le matin.

Quêtent quelque pauvre crottin, Ne se disent pas des folies.

Le givre fait aussi des fleurs, Mais où sont les belles couleurs Dont les aubépines sont peintes?

Où sont les chansons et les nids?

Les jolis rires sont finis Des cocottes rousses et teintes.

Pourtant je me rappelle un jour Où je fis, batelier d'amour, Sur la rivière solitaire Dans une norvégienne, hélas !

Très vieille et qui n'avançait pas, Un embarquement pour Cythère.

Il faisait un froid rigoureux,

Le paysage était affreux,

Mais ma mignonne était si douce

Que ces bords plats me semblaient beaux.

Et que j'aurais pris les corbeaux

Pour des colombes sur la mousse.

Ce temps est loin, mais il s'en faut Que mon vieux cœur soit en défaut Et ma mémoire dépensée.

Frimas de Tile Saint-Denis, Restez laids, mais soyez bénis Dans mon âme et dans ma pensée !

ANNIVERSAIRE. 29

ANNIVERSAIRE

A Paul Godélier.

L'anniversaire qui chantait, Bon compagnon à face rose, Parce que l'âge le fêtait, N'est plus qu'un visiteur morose.

Le sourire droit de ses yeux N'a devant lui rien qui le flatte, Et se perd en plis soucieux :

La lèvre n'est plus écarlate.

Il a cueilli les Jours de mai, L'été qui vaut l'aube première, Ne tenant pas son cœur fermé.

Levant le front vers la lumière.

Il touche au terme, il va vers rien, Rien hélas ! après peu de chose !

Que cela soit mal ou soit bien, La vie est-elle jamais close ?

Répit, retour qui sonne encor, Combien d'heures mal dépensées!

— Heureusement dans un peu d'or Il a serti quelques pensées.

NOUVEAU GITE. 3l

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