PORTRAITS DE FEMMES
.4 Armand Silvestre.
XVIIl* SIÈCLE FRANÇAIS
Nez fripon, minois chiffonné, Sein nu, l'œil émerillonné, Sur la Joue, au coin de la bouche, Pour en aviver la couleur Comme sur l'éclat d'une fleur L'impertinence d'une mouche.
Rien qu'un peu de poudre aux cheveux, Un doigt; c'est tout ce que je veux Pour que ce siècle exquis renaisse, Car le contraste est bien Joli :
Cette peau rose sans un pli, Ce givre où flambe la jeunesse.
Fins modèles dans leurs atours Pour les Nattiers et les Latours, Ce sont d'adorables poupées, Un peu princesses quelquefois, Un peu bergères pour des rois, Seulement à plaire occupées.
Leurs costumes leur vont si bien
(Qu'elles paraissent n'aimer rien
Que babioles, fanfreluches,
Bonbons, sucre d'un madrigal,
A peu près le même régal
Que pour leur singe ou leurs perruches.
Mais sur la lèvre qui sourit La flèche ardente de l'esprit Sans méchanceté.vole et vibre.
Ces bijoux de frivolité Sont des femmes en vérité Et résonnent à chaque fibre.