FIGURINE
Toute petite, avec des yeux D'intelligence curieuse.
Elle est charmante et même mieux, Parce qu'elle est harmonieuse.
Le geste, la voix, le regard.
Par vertu de grâces natives.
S'accordent, comme par hasard, En assonances instinctives.
Une parité de couleur, Dans une gamme chaude et juste, A peint ses lèvres et la fleur Pourprée et double de son buste.
FIGURINE. l3l
C'est comme un rythme que je vois Et, sans être à plaire occupée, Un charme est en elle, à la fois, D'enfant, de femme et de poupée.
Rien ne détonne : c'est joli Comme des strophes cadencées Qui seraient de marbre poli, Avec des lignes nuancées.
l32 PETIT POÈME.
L'anthithèse est simple et complète,
Entre sa voix de contralto
Et son visage de fillette
Où Willette évoque Watteau.
Charme étrange, grâce ambiguë Qui mêle la femme à Tentant.
Une sensation aiguë En résulte, qui ne défend
Ni de songer aux voix d'enfance Qui chanteraient Palestrina, Ni de préciser la présence Des rêves jolis que l'on a,