‹ Vers le soirChapitre 72 sur 108 · PRIX DE ROME · texte numérisé non relu

PRIX DE ROME

A Emmanuel des Essarts.

Pour la main qui vise au trophée C'est la grande lyre d'Orphée Qu'on décroche encore une fois ; Ce sujet a son auréole.

Nos jeunes ténors de l'école Peuvent y donner de la voix.

Ils auraient pu, par un sort pire, Avoir quelque histoire d'empire Quelconque ou seulement romain, Quelque fait divers hébraïque, Ingrate et sèche mosaïque A rebuter l'œil et la main.

Ne pourrait-on changer de thème, Ne pas faire toujours le même Inévitable Scœvola, Trouver, fût-ce dans notre histoire, Quelque brûlure aussi notoire, Plus plaisante que celle-là.

Sans vouloir que la fantaisie. Pauvrette par l'aile saisie, Aille à sa guise dans le bleu, Trop d'habits verts Pont poursuivie ; Laissez-la regarder la vie Et souffrez qu'elle vole un peu.

O vénérables compétences, Imposer ces lourdes pitances A ces appétits de vingt ans !

Quand on est affamé de rêve, Quand l'aube de l'esprit se lève Sur les merveilles de ce temps !

Orphée ou non, il faut apprendre, Aller à l'école, pour rendre Ce qui vous hante, prose ou vers.

Tableau, palais, hymne ou statue, Qu'à marcher droit l'on s'évertue Puisqu'on va d'abord de travers.

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