A UN JEUNE POETE
.4 Francis de Croisset.
Adolescent charmeur et choisi par les muses, En des vers de beauté nouvelle, tu t'amuses, Inquiétant, pervers et rare tout à tour, A caresser du doigt les ailes de l'amour. Il n'est pas de frissons jeunes que tu n'éveilles; Tes baisers aux baisers vont comme les abeilles Aux fleurs dont s'enfle et s'ouvre à peine le bouton. Tu modules tes airs de flûte sur un ton Dont l'ambiguïté déconcerte et titille.
Parfois ton vers frôleur s'aiguise sur un trille Qui s'adresse bien moins à l'âme qu'à la chair. Tout ce qui peut s'étreindre et s'embrasse t'est cher.