‹ Vers le soirChapitre 91 sur 108 · LA VOIX HUMAINE · texte numérisé non relu

LA VOIX HUMAINE

A Léon Dierx.

La voix humaine, c'est la plainte ou la douleur. Chaque heure la contient et toutes ont la leur, Pleurs de l'enfant, pleurs du vieillard et de la fenime. Dès le seuil, l'inconnu farouche nous réclame, Sans qu'apparaisse rien du principe ou du but. Le premier cri qu'on pousse est un simple début, La vie oublie assez volontiers d'être douce. La lamentation que Job éternel pousse Est la tienne, la mienne, et celle qu'en tous lieux L'homme jette à l'oreille irréelle des Dieux. Tais-toi, ne sachant rien de ce qui te concerne; Accepte le hasard de naître, qui consterne Les plus vaillants, les plus candides, les meilleurs. Crois si tu peux, sinon cueille les quelques fleurs Que le je ne sais quoi qui tient nos destinées, Indulgent sans le faire exprès, nous a données.

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