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LA DUNE

A Jules Breton.

Effilée en un arc très fin, la dune est blonde. Du sable ! pour lutter contre la mer profonde, La géante sans fin, dure au champ qui finit, Qui, mieux que Tacier, lime et ronge le granit? Par ce sable pourtant les vagues sont murées; Cet atome, ce rien musèle les marées.

C'est qu'il devient colline et montagne et rempart, Et dit au flot vorace et fou : Voici ta part. Quand il lui laisse mordre un peu de sa poussière. On monte, l'on descend l'énorme taupinière Qui s'étend en plateaux et se creuse en vallons. C'est notre pas qui fait la route où nous allons. La dune sans chemins, changeante, se déroule, Mobile fixité qui bouge, et que la houle

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Echevèle, mais qui demeure fixité.

La dune a le mystère en gardant la beauté.

Sa force est invisible et sa couleur est douce :

L'herbe qui la verdit est comme de la mousse;

Le thym parmi Todeur qui monte de l'embrun

Près des joncs frissonnants décèle son parfum.

Étant belle, la dune a par coquetterie

Sa fleur au pur dessin, sa fleur d'orfèvrerie,

Le chardon bleu, merveille, à la fois plante et fleur,

Qui la rappelle encore en perdant sa couleur!

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