Scène v
Que tu m as fait de mal! Si tu pouvais savoir
Tout ce que J'ai souffert? Si tu m'avais pu voir
Heurter en sanglotant mon front sur les murailles,
Et demander pourquoi V heure des funérailles
Était lente à venir ainsi? Quand j'ai reçu
Ce coup, je suis tombé. Ceux qui tri ont aperçu
Lespremiers dans ma chambre ont dit: Pauvre jeune homme,
Il n'en reviendra pas ! Et le père Anthiome,
Tu sais, notre voisin, oh! ce bon vieux! c'est lui
Qui m'a le mieux aidé pendant ces Jours d'ennui
A porter ma douleur. Tu lui tendras ta joue
Ce soir. Il ne faut pas trop lui faire la moue;
Car il va te gronder, sois^en sûre. Ah! mon Dieu!
Dis, tu n'essaieras plus de jouer à ce jeu?
Henriette.
Pardonne-moi , Henri.
Henri.
Oui. Car pendant ces heures, J'évoquais deyant moi les autres, les meilleures. Celles qui se passaient en rires infinis ; Je vivais ces moments à tout jamais bénis ! Et puis, l'illusion aidant à la mémoire. J'étais heureux. Alun cœur était comme une armoire Où tous mes souvenirs étaient numérotés. Alors il me semblait te voir à mes cotés. Oui, mon isolement et mes larmes brûlantes.
Mes désespoirs sans fin et mes angoisses lentes . Tout ce qui m'a vieilli, tout ce qui m'a glacé. Je te pardonne tout, pour le bonheur passé!
Henriette.
Eh bien, pardonne aussi pour l'ivresse future. Pour le bonheur présent.
Henri.
O chère créature Perdue et retrouvée!
Ils se tiennent embrassés. Survient Mai