‹ Vers les saules; comédieChapitre 16 sur 21 · Scène viii · texte numérisé non relu

Scène viii

Marcel.

Assej sur ce chapitre.

Pontchartrain.

Ah! vous êtes encore un bien singulier pitre, Convenons-en! Monsieur arrive là tout droit. Me trouve ridicule, et je n'ai pas le droit De me fâcher! Allons, mais je n aurais pas d'à/ne!

Marcel.

Encore un coup, monsieur, je m'adresse à madame.

Eléonore, avec douceur.

C'est à moi qu'il s'adresse.

Poncchartrain, anéanti.

Ah! très-bien! je me tais.

Grands dieux!

Marcel.

Figurei-vous, madame, que j'étais A la campagne, avec une jeune amoureuse. Charmante, vive et folle, un oiseau! vaporeuse A l'excès. Nous étions venus là pour dîner Ensemble ^ puis après?... nous devions cheminer

Par les sentiers perdus, où notre dialogue

Fût devenu bien vite une divine églogue.

Or, dès les premiers vers à peine murmurés^

Brisant et disloquant les mètres préparés.

Tombe un monsieur du ciel. Mon amante, ô frivole!

Tressaille . pousse un cri, puis dans ses bras s'envole.

Je reste là, madame. Et notei que J'avais

Un tas de madrigaux qui n'étaient point mauvais.

Un galant répertoire admirablement tendre,

Et personne, personne à qui le faire entendre!

C'était navrant! Rentrer en dedans mon amour!

Mais je vous vois, madame, et Je vous fais la cour;

Je tombe à vos genoux, je saisis vos petites

Menottes, qui nous font songer aux clématites,

A la neige, au jasmin si pur, au lys vainqueur.

J'y répands mes baisers. Voulej-vous de mon cœur?

Vous ricj doucement. Car, sur votre visage.

Le rire est un rayon dans un frais paysage,

Et Je prends votre bras, que vous m'abandonnei-

Pontchartrain.

Et que fais- je en ceci, monsieur?

Marcel.

Vous me g^nej.

Pontchartrain.

Mon Dieu!

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