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Vers les steppes et les oasis: Algérie-Tunisie

Quand on a beaucoup voyagé à travers les livres, on éprouve le besoin de voyager à travers la nature et la vie. Cest la très simple et agréable aventure qui est arrivée à M. René Fage, le plus aimable d3s érudits et le plus averti des chercheurs. Ajorès nous avoir promenés à travers le vieux Tulle, décrit la tour de la Motte et les portes Chanac, étudié les curieuses institutions des Appeaux de Ségur et des Etats de Tu renne, ou conté les exploits des bataillons de volontaires du Limousin, étudié en bénédictin laïque le cardinal Guillaume Sudre ou le grand lettré Baluze, notre

II FRKFACE

compatriote s'est senti emporté par le démon du voyage et poussé, commue un Marilhat ou un Dinet, vers les pays de la lum^ière. Il a voulu, comme don César, contempler

«... Des lieux du ciel bùnls, » Alger, la ville heureuse et l'aimable Tunis, »

où ion ne voit plus, comme au temps de Ruy- Blas.

«... tant les Turcs ont des façon? accortes, » Force gens empaillés, accrochjs sur les portes, »

mais au contraire une ville civilisée avec le pittoresque encore des costumes et des coutumes.

Il a laissé là les livres, les cliers livres, les manuscrits, les vieux textes, /es inédits, comme nous disons, pour courir le monde, aller, libre d'esprit et riche de souvenirs, vers les Steppes et les Oasis; et il a bien fait. Les palmiers de Figuig valent bien les beaux cliàtaigniers de

PREFACE m

notre Limousin, et Kairnuan fait un nioment oublier Vahhaye de Saint-MarticiL

J'ai plaisir à saluer mon compatriote René Fage et à souhaiter bon voyage à travers les biblioihl'ques au voyage entrepris par lui à travers les sables.

Ce nom de Fage est deux fois cher à notre Limousin. L'auteur de Vers les Steppes et les Oasis a pour père un lettré dont s'honore notre coin de terre et que les Lettres françaises honorent à leur tour comme un de leurs fervents. M. Einile Fage a conté, dans ses Souvenirs d'Enfance et de Jeunesse, ses années d'études à Tulle et de travail à Paris. Historien d'Etienne Baluze, admirateur et critique de Michelet, Emile Fage est un de ces hommes Cjui, comme Eug'ene Noël à Piouen, méritent le buste C[ue souhaitait Sainte-Beuve dans la hibliothéc[ue de sa ville natale ; c'est un érudit, comme stm fils, et c'est un poète. Il a connu

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