L'APPRENTIE
Les parents sont presque indigents Belle ou laide, distraite ou sage, On lui fait quitter, vers douze ans, L'école pour l'apprentissage.
Debout l'été, dès le matin, L'hiver, levée à la chandelle, La petite devient trottin, Gomme qui dirait hirondelle.
Tel un pâle jour printanier, Un avril d'ici frêle et jeune.
— Elle emporte dans son panier, Des restes dont elle déjeune.
La maîtresse a l'air faux et doux, On Tappcllo Mademoiselle; Elle est tout le temps après mus :
Inutile d'avoir du zèle.
là puis, par la pluie et le vent.
11 faut aller chez les pratiques :
— Elle se dépèche, levant Son nez rose vers les boutiques.
L'enfant à l'oeil vague et distrait
Lit les affiches de théâtre.
Et met le nom sous le portrait
Des actrices qu'on idolâtre.
C'est là son seul enseignement Avec la chanson qu'elle achète.
Grivoise ou sotte seulement.
Et qu'elle savoure en cachette.
Oh! comme les premiers beaux jour.- Sont de lumière douce et blanche!
Les heures marchent à pas lourds \vant qu'arrive le dimanche.
Encor faut-il ranger, plier
Ce qui pourrait traîner d'ouvrage,
En un mot. faire l'atelier.
m mec, à bout de COUrage.
20 chansons d'été,
Vers quels plaisirs vous en aller?
Pas bien loin, ni longtemps parties, Moineaux qui voudriez voler, Pauvres petites apprenties !
LA MOBGUK. 27