‹ Vers oubliésChapitre 20 sur 34 · LA TONNELLE · texte numérisé non relu

LA TONNELLE

La vie a de ces gais instants !

Je me rappellerai longtemps Nos déjeuners sous la tonnelle.

Dans ce beau pays clair et bleu Auquel je n'ai pas dit adieu Pour une durée éternelle.

Quels repas amples et quel ciel !

C'était un peu matériel...

La saison touchait à l'automne.

Le bon soleil et le bon vin !

Quels mets conviant non en vain Des appétits que rien n'étonne !

Nous étions en tout huit ou dix, Sans compter les grands chiens hardis.

De tout poil et de toutes races.

Allant de ci, de là. partout, D'un bout du cercle à l'autre bout, Amis, mendiants et voraces.

46 chansons d'été.

La servante qui nous servait Comme une paysanne avait La joue un peu hâlée et brune, Mais elle n?en valait que mieux.

Avec sa peau chaude et ses yeux A rendre jalouse plus d'une.

Quelques dames, belles à voir.

Par leur grâce, faisaient valoir Notre goût de paysagistes ; Car les dames dans les forets Sont comme un rayon rose, après La pluie et les nuages tristes.

Une tonnelle, des repas, Si vous voulez, ce ne sont pas Sujets de haute poésie.

Mais c'est un léger souvenir, Une esquisse, qui peut tenir Dans un cadre de fantaisie.

LE Jnrn DE MARCHÉ.

LE JolR DE MARCHE.

Les villes où l'on va pour la première fois Prennent souvent un air d'orgueil ou de mystère.

ns semblent avoir quelque chose à vous taire; La rue est sans rayons et les logis sans voix.

Celle-ci souriait : les carrefours étroits Étaient gais d'un amas d'étalages à terre. Et, pour ces paysans à la figure austère. Mêlaient à des rubans des bagues et des croix.

Souple comme un genêt, une fille en cornette,

La chaîne d'or voyante et la coiffe bien nette.

Pressait le bras d'un gars au teint rouge et vainqueur.

La bonne ville, antique honneur delà contrée. Me laissait voir sa joie et lire dans son cœur, Comme une vieille amie indulgente et parée.

Quimper.

CHANSONS D ETE

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