LE VENT
Comme un bourreau hagard, qui frappe avec des; cris, Le vent depuis le jour bat la mer courroucée. Et la nuit sans rayons sera toute passée, Pourvoyeuse de deuils, à faire des débris.
Rudement agité dans les nuages gris,
Le vent comme un fouet dur flagelle la pensée. Plus de but aperçu, plus de route tracée ; Les candides oiseaux du rêve sont meurtris.
Si le ciel est permis à la pensée altière,
La mer y peut tenir immense, tout entière;
Mais ce vent de tempête avec son souffle amer.
Ce vent cruel et froid qui fait pleurer les femmes. Désempare l'idée et, comme il fait des lames, La harcèle et la rend folle comme la mer.