I LE U US I) AVRIL
Printemps, sérénité blonde des cieux nouveaux,
Dieu jeune, amant farouche apte aux puissants travaux
Delà Genèse énorme et jamais terminée.
Printemps, matin joyeux, aurore de l'année,
Qui pour soutïle as la brise et dardes pour regard
Ce soleil dont le feu fait lever au vieillard
La tête sous la peine et sous l'âge branlante.
Salut père de l'homme et père de la plante!
Sur mon front, dans mes os et jusque dans mon cœur,
0 maître, je te sens radieux et vainqueur;
Comme les iloraisons tentent la dent des chèvres,
Vers toi, dans les parfums, je veux tendre mes lèvres.
Dans mon souille aspirer ton âme. et tressaillir
Et sentir tout mon sang dans mes veines jaillir.
Je veux, de mes deu\ bras étendus sous les arbres.
Surprendre et retenir, plus pure que les marbres.
L'invisible Psyché qui palpite dans l'air;
Je veux lever la tête et soutenir l'éclair
Du ciel brillant et bleu comme un regard sans voiles.
Je lui dirai : « Beauté du jour, Indes étoiles,
« Pardonne, car je suis peut-être sous ta loi» Et je l'adorerai, sans demander pourquoi Il est vide, ou, pieux, prosterné sur la terre, Je baiserai le sein de la nourrice austère.
FLEURS d'à vu i I..
L'heure n'est rien, ni la raison, cueillons des roses.
Cueillons le sein naissant des corolles écloses,
Les lèvres qu'il serait si bon de retenir.
Qui s'ouvrent aux baisers et tendent à s'unir.
Respirons leur parfum et buvons leur haleine.
Afin que nous fassions notre poitrine pleine
D'odeurs, et de printemps jeune et sain et d'amour,
Afin d'avoir des nuits chaudes comme le jour,
Kt des jours radieux comme des nuits d'étoiles.
Donc aimons, moissonnons les Heurs, rompons les voiles.
Et puis, enivrons-nous de rythmes, de couleurs :
Les Meurs sont des baisers, les baisers sont des fleurs.
Vivons, aimons, faisons des études sévères
A cueillir du soleil avec des primevères.
Que la gloire d'aimer couronne notre front !
Assez tôt ces bonheurs fragiles s'en iront,
Assez vite le temps prendra notre jeunesse ;