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LES PRÊTRES

Les prêtres aujourd'hui ne sont pas bien terribles :

Ils vannent doucement nos péchés à leurs cribles ;

Tous passent, le mortel avec le véniel,

De sorte que la foule est grande pour le ciel.

Ils nous tiennent de tout quittes au prix d'un cierge ;

Us ont des intérêts d'affaires chez la Vierge,

Des grâces prés du Père et près du Saint-Esprit.

Leur cerveau n'admet rien hors ce qui fut écrit.

Ni leur CŒlir rien, hormis l'entretien de l'église;

Le livre fait penser, ils n'aiment pas qu'on lise.

Ils savent les langueurs des offices du soir ;

Parmi les flambeaux d'or ils placent l'ostensoir.

Leur art est de toucher par l'image sensible :

Ce sont les nerfs surtout que leurs traits ont pour cible.

Le prêtre reconnaît un principe immortel

Et sacré : l'union du trône et de l'autel.

Le ciel est un palais dont ils sont dignitaires;

Ln attendant, le prix des choses salutaires.

i6 chansons d'été.

Comme l'or, le crédit des princes, le pouvoir, Leur semble une évidence aisée à concevoir. Leur bonheur à venir se fait garant du nôtre; Ils achètent ce monde en promesses de l'autre.

Rome.

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