‹ VersChapitre 60 sur 74 · KYRIE ELEISON · texte numérisé non relu

KYRIE ELEISON

Ayez pitié de nous, Seigneur!

Christ, ayez pitié de nous!

Donnez-nous la victoire et Thonneur Sur l'ennemi de nous tous.

Ayez pitié de nous, Seigneur.

Rendez-nous plus croyants et plus doux Loin du péché suborneur.

Christ, ayez pitié de nous.

Criblez-nous comme fait le vanneur Du grain dont il est jaloux.- Ayez pitié de nous. Seigneur.

Nous vous en supplions à genoux,

Ouvrez-nous par la Foi le Bonheur.

Christ, ayez pitié de nous.

Ouvrez-nous par l'Amour le Bonheur, Nous vous en prions à genoux.

Ayez pitié de nous. Seigneur.

Seigneur, par l'Espérance, ouvrez-nous.

Christ, ouvrez-nous le Bonheur.

Christ, ayez pitié de nous.

Ayez pitié de nous. Seigneur!

AGNUS DEl

L'agneau cherche ramère bruyère, C'est le sel et non le sucre qu'il préfère, Son pas fait le bruit d'une averse sur la poussière.

Quand il veut un but, rien ne l'arrête; Brusque, il fonce avec des grands coups de sa tête, Puis il bêle vers sa mère accourue inquiète...

Agneau de Dieu, qui sauves les hommes.

Agneau de Dieu, qui nous comptes et nous nommes, Agneau de Dieu, vois, prends pitié de ce que nous sommes.

Donne-nous la paix et non la guerre, O l'agneau terrible en ta juste colère, O toi, seul Agneau, Dieu le seul fils de Dieu le Père.

VEPRES RUSTIQUES

Le dernier coup de vêpres a sonné: Ton tinte.

Entrons donc dans TEglise et couvrons-nous d'eau sainte.

Il y a peu de monde encore. Qu'il fait frais!

C'est bon par ces temps lourds, ça semble fait exprès.

On allume les six grands cierges, l'on apporte Le ciboire pour le salut. Voici la porte

De la sacristie entr'ouverte, et l'on voit bien S'habiller les enfants de chœur et le doyen.

Voici venir le court cortège, et les deux chantres Tiennent de gros antiphonaires sur leurs ventres.

Une clochette retentit et le clergé S'agenouille devant l'autel, dûment rangé.

Une prière est murmurée à voix si basse

Qu'on entend comme un vol de bons anges qui passe.

Le prêtre, se signant, adjure le Seigneur, , Et les clers, se signant, appellent le Seigneur.

Et chacun exaltant la Trinité, commence, Prophète-roi, David, ta psalmodie immense:

((LeSeigneur dit...» (c Je vous louerai...» (cQu'heureux les saints.» ((Fils, louez le Seigneur...» et, vibrant par essaims,

Les versets de ce chant militaire et mystique: ((Quand Israël sortit d'Egypte...» Et la musique

Du grêle harmonium et du vaste plain-chant! L'Église s'est remplie. Il fait tiède. L'argent

Pour le culte et celui du denier de Saint-Pierre

Et des pauvres tombe à bruit doux dans l'aumônière.

L'hymne propre et Magnificat aux flots d'encens! Une langueur céleste envahit tous les sens.

Au court sermon qui suit sur un thème un peu rance, On somnole sans trop pourtant d'irrévérence.

Le soleil lui faisant un nimbe mordoré.

Le vieux saint du village est tout transfiguré.

Ça sent bon. On dirait des fleurs très anciennes S'exhalant, lentes, dans le latin des antiennes.

Et le Salut ayant béni l'humble troupeau Des fidèles, on rejoint meilleurs le hameau.

Le soir on soupe mieux, et quand la nuit invite Au sommeil, on s'endort bien à l'aise et plus vite.

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