‹ Vers pour la patrie, 1914-1918Chapitre 3 sur 9 · ERNEST PSICHARI · texte numérisé non relu

ERNEST PSICHARI

Il livre le secret de sa jeunesse grave, Le beau « Centurion » qui griffonne en chemin ; Mais sa plus noble page, il l'écrira demain Devant l'envahisseur affronté d'un cœur brave.

Riche d'un triple sang, breton, grec et batave, Sur ses canons rompus qu'il dispute au Germain, Fils de l'Esprit, il tombe, esquissant de la main Le signe de la foi qui libère et qui lave.

Les Celtes, ses aïeux, parlent en lui si fort Qu'il a comme eux choisi le devoir dans la mort : Ils l'appellent; son âme est prête; il faut qu'il parte...

Où va ton ombre fière, enfant au pâle front. Tu seras reconnu par les Trois-Cents de Sparte, Et les Saints du pays d'Armor t'accueilleront.

SOLDATS DE JEANiNE d'aRC

Heureux le chevalier qui fil la jo-rande guerre Pour« le plus beau royauuKî après celui des cieux » El prit sa part d'honneur en ces temps nnerveilleux Où nous fûmes sauvés par la sainte Bergère 1

Heureux le compagnon qui se mit en prière Auprès d'elle, à genoux sur le sol des aïeux, Et plus heureux celui qui tomba sous ses yeux, Ayant d'elle reçu sa force et sa lumière 1

Cinq siècles ont passé; ce sont les mêmes cœurs Que mènent au combat nos bataillons vainqueurs; Un même esprit d'amour les guide et les conseille;

Comme ceux d'autrefois pour la fleur de lis d'or, Ame de Jeanne d'Arc ! c'est toi que suit encor Sous des drapeaux nouveaux cette France pareille I

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