‹ Vers pour la patrie, 1914-1918Chapitre 2 sur 9 · PREMIER AOUT · texte numérisé non relu

PREMIER AOUT

Nous avons trop vécu sous la loi de Taffront;

L'espérance pourtant veillait au cœur rebelle,

Et nous disions, sachant que Tlieure eût été belle :

« S'il est trop tard pour nous, nos enfants la verront. »

Mais l'injuste défi nous relève le front;

Aux combats désirés l'ennemi nous appelle...

Ah ! que puissent nos morts en avoir la nouvelle !

J'en sais dans leur tombeau qui se réveilleront;

J'en sais qui l'attendaient, sombres, rong-és de fièvres, N'ayant qu'un nom, celui de la patrie, aux lèvres, Qui réchauffaient leur vie à cet unique amour.

Et, tombés sur la route où nous aimions les suivre,

N'ont pas même entrevu l'aurore de ce jour.

Ce jour qu'ils méritaient et que nous allons vivre !

A LA MÉMOIRE d'aLHERT DE MUN

Tu disais : « Le péril est là, c'est pour demain, m Tu dénombrais leur force, et leur ruse, et leur haine, Et, lorsque la tempête à tous semblait lointaine, Tu montrais sa menace à l'horizon prochain.

Un temps fut où l'appel ne sonna plus en vain : Nos fils, meilleurs que nous et d'âme plus sereine. Accouraient, à ta voix de jeune capitaine, Vers Tancêtre ingénu qui leur tendait la main.

Tu prêchais simplement une grande espérance, Tu célébrais l'honneur de mourir pour la France ; Ces enfants ont appris à se connaître en toi.

Au séjour de lumière où sont les cœurs fidèles,

Où tu sers près de Dieu ta patrie et ta foi.

Reçois les jeunes morts qui vont te parler d'elles I

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