SOUVENIR DE BERLIN
Berlin, ville pédante où nous allions nag^uère Juger d'un œil railleur ce qu'ils nonunenl leur art, Aligne lourdement sous des cieux de brouillard L'étalage insolent des monuments de guerre.
Parmi tant de laideurs la gloire est mensongère, Qu'elle soit d'empereur, de prince ou de soudart ; Quand elle tient chez nous l'épéc ou l'étendard, La Victoire n'est pas cette affreuse mégère.
Seul chef-d'œuvre au milieu de ce bronze grossier, Frédéric Deux, au geste dur, aux yeux d'acier. Guide, le dos courbé, sa royale monture ;
Et le maître rusé du vaniteux troupeau Semble avoir deviné la fin de l'aventure, Car son rire infernal ride sa vieille peau.
SONNET DE GLERIIE
Glier poème où le vers français soupire on raille, Sonnot fixe chez nous par les joiix de Konsard, Rytiiiiie rare et charmanl, ce n'est point j)ar hasard Que la muse aujourd'hui te mène à la bataille.
Le maître de Foutil sait comment il travaille Et t'emploie à dessein aux œuvres du grand art : Le fin mouchoir brodé peut servir d'étendard ; Le profil le plus fier s'inscrit dans une intaille.
Tu vas, quand le Teuton brutal est déchaîné. L'atteindre d'un coup sec sur son mufle étonné Et le droit retentit dans ce soufflet auguste;
Tu vas, ardent et bref comme un ordre du jour. Porter à nos soldats sur des ailes d'amour Le verdissant laurier ou la palme du juste.
l'amitié de l'amkuique
Nous étions un pays de vieille royauté, Riche en forces de guerre, en courage, en noblesse. Aimant servir le droit, protégeant la faiblesse, Et fier de son lionneur longuement hérité.
L*Amérique, étreignant sa jeune liberté.
S'arme, lutte, succombe, et le danger la presse; Mais la France a connu l'héroïque détresse: Le salut qu'on attend, ses vaisseaux l'ont porté...
Amis, vous invoquiez cette dette lointaine ;
Vous vouliez la payer du sang de votre veine
Et de tous les trésors nés dans votre grand cœur ;
Et vos beaux régiments hardis à la française. Qui venaient secourir la République sœur, Savaient encor le nom du bon roi Louis Seize.