‹ VersaillesChapitre 109 sur 115 · JI · texte numérisé non relu

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entraînait de la sorte devait-elle craindre qu’un amour si impétueux ne fût pas de longue durée. Mademoiselle Françoise de La Baume, depuis duchesse de Lavallière, et à laquelle les plus belles fêles de Versailles furent consacrées , finit par échanger tant d’éclat, tant d’honneur, mais aussi tant de larmes, avec la solitude et au moins le repos du cloître. Louis XIV, jeune et formé à cet amour respectueux, délicat, des derniers temps de Louis XIII, passa bientôt, pour ses maîtresses comme pour ses sujets, à une domination arrogante, dédaigneuse, et que la soumission humble ne faisait qu’encourager. Il fallait, pour le combattre et le vaincre, un caractère aussi altier, aussi impérieux que le sien; il le trouva dans la belle, la Hère madame de Montespan.

Louis XIV et M""' de Montespan.

L'esprit des Mortemar était passé en proverbe, et Alhénaïs de Mortemart, marquise de Montespan, brillante de beauté, de fraîcheur, d’éclat, était encore plus distinguée par ses mots heureux , ses saillies , qu’on citait sans cesse à la cour, mais dont on craignait d’être l’objet : « Malheur, dit madame de Caylus , à ceux qui « passaient sous ses fenêtres lorsqu’elle était avec le Roi, les traits mordants déco-

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« chés pour amuser un moment le monarque perdirent souvent pour la vie ceux « qu'ils atteignaient!') Qui aurait dit à cette charmante personne, dont le luxe, la puissance, la prodigalité, n’avaient point de bornes, qu’elle devait céder un jour la place à la bonne de ses enfants, à la veuve Scarron, à qui elle avait fait avoir une pension de 2,000 livres. Madame de Maintenon est un exemple de ce que peut une forte volonté, une persévérance à toute épreuve, rapportant tout à un seul but; mais elle est aussi l’exemple du néant de l’intrigue heureuse et de l’ennui qui suit souvent les situations les plus élevées.

Louis XIV âgé rl M""'de Maintenon.

Qu'eu pense votie solidité ? et dans le parc de Versailles comme a la fameuse manœuvre de Compiègne, madame de Maintenon, de sa chaise à porteur, répondait quelques mots et soupirail de ne pouvoir plus amuser un monarque inamusable

Entrée des deux Trianons.

.Je vous salue . ô Trianon qui m’êtes plus agréable que tous les jardins fabuleux.

Mémoires manuscrits ries durs de Bourgogne

e lui ferai bien quiller la iraelle, disait. Louvois à la suite d’une dispute avec Louis XIV au sujet d’une fenêtre du grand Trianon. L’incendie du Palatinat fut l’accomplissement de ces paroles, et Trianon acquit une funeste célébrité. Il n’en avait aucune avant cette époque; c’était, dit madame de Sévigné, un pavillon au bout du parc de Versailles , où l’on cultivait des fleurs et des arbres à fruits ; on l’appelait Palais de Flore , et on y venait souvent faire des collations. Madame de Montespan s’v rendait quelquefois de son château de Clagny. On en trouve la description dans une Vie de Colbert publiée en 1695. Ce pavillon était revêtu à l’intérieur de glaces et de carreaux de porcelaine comme les palais orientaux , et orné à l’extérieur de vases de porcelaine. On y voyait de longues allées d’orangers, de myrtes et de jasmins en pleine terre. Cependant, tout agréable que fût ce lieu, le roi s'en lassa bientôt , et ayant l'ait l’acquisition de quelques terres des moines de Sainte-Oeneviève, en 1665, il chargea Mansard de bâtir un palais à l’imitation des villa italiennes. Commencé en 1071, il fut terminé vers la fin de la même année, et parut, ce qu'il est en effet, un édifice plein d’élégance.

Sa première destination lui fut conservée, celle de réunir les plus belles plantes.

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les plus belles Heurs et les meilleurs fruits, il était une sorte de complément du magnifique potager créé à peu près à la même époque , et confié également aux soins du célèbre La Quinlinie , qui créa en France et presque en Europe l’horticulture. Ce potager était situé dans un vaste terrain devant l’église de Saint- Louis et près de l’emplacement connu depuis sous le nom de Parc aux Cerfs, et s’étendant jusqu’aux étangs Gobert. La Quinlinie avait développé là tout son génie; Louis XIV, qui voulait réunir auprès de lui les hommes célèbres dans tous les genres , ne pouvait rester indifférent à celui qui avait su vaincre la nature, non point pour la courber comme les autres à un vain luxe, mais pour la rendre féconde, abondante, riche, pour développer tous ses moyens d’être utile et de plaire.

La Quintinie apprend au grand Condé l’art de la grelfe.

Nous avons représenté ici une scène qui eut lieu dans un des polagers, soit de Versailles, soit de Chantilly. On sait la passion du grand Condé pour les Heurs, et les charmants vers de mademoiselle deScudery sur les œillets deVincennes 1 ; I art

En voyant ces œillets qu’un illustre guerrier Cultivait d'une inain qui gagna des batailles : Souvienstoi qu* Apollon a bâti des murailles. Et ne t'étonne pas que Mars soit jardinier.

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de la greffe était encore peu avancé en France, et on dut être étonne de lui voir produire à l'instant les merveilles qu'il dut à La Quintinie; aussi devint-il bientôt à la mode. Louis XIV en faisait un de ses amusements, et, après avoir causé avec Turenne et Colbert, dit un historien, il venait souvent s’entretenir avec La Quintinie, et façonnait avec lui des arbres. Une des qualités de ce prince fut de tenir toujours à distance les grands seigneurs, les princes de son temps, et de n'accorder une sorte de bonté, de bienveillance, qu’aux hommes de lalens dans tous les genres: il eut pour celui-ci des soins louchants; il lui fit bâtir une maison où tout était distribué comme il pouvait le désirer , et , après sa mort , il conserva à sa veuve son affection. «Nous venons, lui dit-il, madame, de faire « une perte que nous ne pourrons jamais réparer. » La Quintinie a laissé sur son art des ouvrages que l'on peut encore citer.

La même avenue conduit aux deux Trianons : nous allons les décrire.

Feci liortos, et pomaria, et eonsevi ea euneti "eneris arhorii>iis.

Kcclea iu*le f c. II.

11 aimait les jardins, était prêtre de Flore,

Il l’était de Ponione encore.

L\ Fontaine

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