‹ VersaillesChapitre 42 sur 115 · V E USAI L L E S V N C I E N E T MOI) E R N E · texte numérisé non relu

V E USAI L L E S V N C I E N E T MOI) E R N E

il' être confisi/ués aux valets des chiens '. » Le cerf était étendu sur le dos el l’opération de le dépouiller était réglée comme une autopsie, et chacune des parties de l’animal avait sa destination; le pied droit était présenté au roi par le premier piqueur, un genou en terre ; enfin, lorsqu’on était arrivé à disposer des chairs-: « Alors, dit un « auteur célèbre, le veneur doit demander du vin et boire le coup,

« car aultrement s’il défaisait le cerf sans boire, la venerie se pour- « roit tourner et gaster; le roi ou seigneur doit faire apporter son « vin avec la chaufferette pleine de charbons vifs et la saulee en une « escuelle, et ainsi, comme ci verra desfaire le cerf au veneur, doit. « prendre ses appétits et chercher les morceaux friands pour les « mettre sur la chaufferette et faire ses carbonnades3 , en bernant, « riant et faisant grande chère, devisant des chiens qui ont le mieux « chassé, les faisant venir devant lui, car ainsi faisaient lesbonset an- « ciens princes amateurs de la vénerie. » Les souverains depuis ont renoncé à ce singulier repas, mais ils ont continué d’assister à ce spectacle de la curée, qui a besoin du bruit des cors, de l’aboiement des chiens et de tout ce mouvement pour ne pas ressembler à une ignoble boucherie.

On remarque au-dessus du toit de la cour des Cerfs une mansarde; c’est la fenêtre du petit laboratoire de serrurerie de Louis XVI, dont nous aurons lieu de parler.

1 Ven. royale, c. 61 .

• Dutouilloox , pag. 54.

ce mol, si fréquemment mentionné dans Rabelais, a disparu de notre langue et a été chercher asile en Allemagne, où il représente sous le nom de rarbonaden toute espèce de côtelette, bifteck ou aol re viande rôtie.

F ri, p du (".i bine! ctps citasses

Louis XV en costume de valet de limier, fait le bois

süillos'. Nous avons cherché à réparer cet oubli ; et ceux qui comme nous aiment au-dessus de tout les buis- nous pardonneront cette digression; ils auront aussi éprouvé le regret de ne plus rencontrer dans nos forêts, les plus belles du monde, ces animaux élégants, cerfs ou chevreuils, qui en faisaient l’ornement, de ne plus y entendre le bruit des cors, des chiens et des chevaux, qui animait si bien leur solitude.

La chasse a précédé l’agriculture; elle fut une nécessité avant d’être un plaisir, elle fut la vie entière des peuples avant d’être le privilège exclusif des rois. C’est en France surtout qu’elle parvint presque au rang de science, qu’elle eut ses usages, ses préceptes, ses lois. A l’origine de la monarchie5, on voit les princes représentés le faucon sur le poing, en voyage, à la guerre4, même à l’église5. Malheur à qui aurait osé toucher cet oiseau royal 6 ouseulement le gibier qui lui était destiné! Il était alors, dit Claude Seyssel, plus dangereux de tuer un cerf qu’un homme 7, et nos meilleurs rois furent les plus sévères à cet égard s. L’un d’eux, et pas précisément le meilleur, Louis XI, pour tout plaisir aimait la chasse9, les oiseaux et les chiens, et en faisait coucher plusieurs dans sa chambre ,u. François I" fut surnommé le père de la chasse française. L’un de ses successeurs, Charles IX, était occupé à composer son poëine sur la chasse lorsque sa mère vint le déranger pour lui faire faire la Saint-Barthelemy; il ne s’en souciait pas, mais on arrangea pour lui une fenêtre d’où il pouvait tirer assez commodément sur les huguenots, mauvais

1 Lucas de I.eyde, pour les chasses de François 1er ; Van der Meulen, pour celles de Louis XIV ; Oudry, pour celles de Louis XV.

1 Nobis placcant aille omnia sylvæ. Virgil. Georg.

1 Vix ulla iu terris natio quæ in liac ai le Francis possil æquiparari. Egi.nhart, Vil. Car. On appelait la chasse au cerf la chasse françoise. Les rois de la première race, ceux de la seconde, y étaient passionnément adonnés. « Charlemagne, dit la Chronique de Saint-Dcnvs, chevauchait et chassait en bais, selon la coutume française.

* Les Capitulaires de Charlemagne et tes lois lombardes et de Bourgogne défendaient de se dessaisir de son oiseau pour quelque cause que ce fût. Sous le règne d’Eudes, ceux qui défendaient le pont de Paris contre les Normands laissent envoler leurs oiseaux plutôt que de les exposer à être pris.

s Les seigneurs les plaçaient sur des pieux enfoncés dans le mur, les prélats sur le bord même de l’autel (Ducange, Glossaire, au mot Acceptou ; Blaise, Chronique de la chasse.) Le trésorier de l’église d’Auxerre avait le droit d’assister à la messe un épervier sur le poing. — Histoire de l'Église d’Auxerre, par Le Boeuf, pag. 708.

‘ Celui qui volait un faucon devait se soumettre à leur laisser manger six onces de sa chair ou de payer six sotidis. Lex Burc., lom. I, col. xi.

1 Déjà, eu t-27-2, suivant Froissart, le sire Enguerrand de Coucy lit pendre deux jeunes gentilshommes qui avaient chassé sur ses terres. Les lois de Philippc-le-Long sont toujours plus restrictives sur le droit de chasse, les verges, les galères, la mort ; car, dit maitre Aug Blondin, la chasse est pour les rois et les grands seigneurs; l'alTaire des autres hommes est de travailler. F. les différents ouvrages de M. Bi.aze.

’ Ordonnance de Henri IV de IGOO et 1601.

» Philippe de Commîmes, Vie de Louis XI.

10 On lit dans un manuscrit ; « Pour le paiement d’un petit lit de plumes garni de trois laies, lequel ledit seigneur a fait acheter pour mettre et coucher l’un des lévriers de la chambre. » Moxteil, hist. des Français, p. 5ât.

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gibier du reste et auquel il ne pouvait appliquer aucun terme (le vénerie'. Mais sans contredit le prince occupé le plus constamment et pendant la vie la plus longue à la chasse, fut Louis XV, tellement que les jours où il ne chassait pas on disait sérieusement à la cour : Le roi ne fait rien aujourd’hui. C’est sous son règne que l’art de la vénerie, mais lâchasse au cerf surtout, a été porté à la plus grande perfection. Une suite de tableaux du célèbre Oudry, conservée à Fontainebleau, nous représente ce prince dans les différentes scènes de la chasse, et leur description suftit pour donner une idée de cet exercice noble et élégant à peu près perdu aujourd’hui.

Louis XV est d’abord représenté en valet de limier, mais avec l’habit galonné, le cordon bleu ; il suit les traces de son chien qu’il guide, car c’est de cette première opération que dépend le succès de la chasse, ce qu’on appelle la quête ou faire le bois2. Deux valets de chiens partent pour cela dès la pointe du jour avec leurs limiers ; ils commencent à examiner les abords du bois où on a décidé de chasser, car c’est dans les champs voisins que les cerfs 3 ont l’usage d’aller la nuit viander. Ils cherchent au dehors leurs traces, ils les suivent dans toutes les avenues en ayant soin défaire des brisées, c’est-à-dire de casser à mesure les branches qui doivent leur servir de reconnaissance. Sitôt qu’il tient une voie, il la suit en avant et à contre-pied, jusqu’au lieu où le cerf a dû se rembucher ; il connaît l’animal par les postes4, les fumées5, le pied®, les allures7, les fouless, la reposée, le raixet les abattures 9 Quand il est bien assuré de sa quête et du lieu exact où le cerf est rembuché, il se rend au lieu d’assemblée où il doit retrouver son camarade et concerter le rapport qu’ils doivent faire au premier veneur. Pendant ce temps, le cerf fatigué de sa veille pendant la nuit, ayant besoin de sommeil, s’arrête et se repose dans le plus épais du bois. On sait par l’expérience et par la nature du pays la route qu’il prendra lorsque les chiens l’attaqueront, et on dispose les relais de manière aies lancer à propos pour opposer une activité toute nouvelle à la force

1 Charles IX était passionné pour cet exercice. « Fut à courre le cerf, dit Bhantome, fui à beau pied à le détourner, et en perdoit le dormir. » (Vie de Chai les IX.)

- « Ce cerf, dit Bulïon, est un de ces animaux innocents, doux et tranquilles, qui ne semblent cire faits que pour embellir, animer la solitude des forêts et occuper loin de nous les retraites paisibles de ces jardins de la nature. Sa forme élégante et légère, sa tête parée plutôt qu’ornée d’un bois vivant cl qui, semblabie à la cime des arbres, se renouvelle tous les ans. Fidèle à ses habitudes, il ne sort que la nuit pour chercher sa nourriture; il craint plus le chien que l’homme; à celui-ci il ne fait Jamais de nia! que par accident ; il entend avec plaisir sa voix, ses chants, etc.

* Voyez la seconde partie de la vignette.

* L’endroit le plus haut du taillis où le cerf a passé.

1 Fiente du cerf.

e Composé de la pince, du talon et des os.

’ Façon de marcher différente entre le cerf et les biches.

' Empreinte du pied du cerf sur le gazon.

1 Le lieu où il s’est étendu sur le ventre.

déjà épuisée de l’animal, et c’est la seconde et importante opération1. Tout élant ainsi disposé, le roi arrive ordinairement dans une calèche de chasse8 qui ne. sert qu’à cet usage. Louis XIV la conduisait lui- même et y admettait les dames qu’il voulait distinguer. Arrivé au rendez-vous3, le roi descend. Le tableau d’Oudry représente ici Louis XVau moment où, appuyé d’un coté sur le comte de Toulouse son grand veneur, et son capitaine des gardes, il se fait passer ses bottes à chaudron et reçoit des lieutenants de chasses le rapport concernant le cerf qu’on doit attaquer, et se prépare à monter sur le cheval que lui présente le premier écuyer. Alors va commencer la chasse dont nous donnerons une courte description

Gttslon Phœbus partout fie sou château

Vers le milieu de septembre, le seigneur Gaston, surnommé Phœbus, comte de Foy, est parti de grand matin de son château d’Orthès, accompagné de ses gentilshommes, de ses pages, suivi de sa meute et de son cher lévrier, pour attaquer le cerf; car c’cst bonne chasse que d? cerf, belle chose que de bien le quêter, le détourner, le laisser courir, belle chose aux abois soit en eau ou en terre. Le seigneur Gaston porte la trompe recourbée comme Roland , il a près de lui son lidèle lévrier.

1 II y avait ordinairement trois relais, sans compter les mentes d'attaque; le dernier, nommé les six chiens, en avait ordinairement un plus grand nombre.

1 C’est en 1752 que Louis XV revenu de Reims, fit sa première chasse en calèche dans la forêt de Villers-Colteret.

1 Le rendez-vous, ou autrement Rassemblée, était ordinairement près de Versailles, le pavillon du Breland, de fosse repos de Bièvres, du pavillon de Venièrcs, ele.

* Le comte de Toulouse, grand chasseur, donna sa meule au roi, bien supérieure à celle qu'il avait.

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Il fait marcher (levant lui le limier jusqu’à ce qu’il soit arrivé au brûler; là on découvre la première meute qui suit le limier'. Bientôt dans le fourré du bois un animal bondit ; au bruit qu’il fait on reconnaît que c’est un cerf ; on crie de prendre garde à la route; le cerf en effet y passe ; celui qui le voit se met dans la voie, sonne une fanfare, appelle les chiens de meute et chacun chevauchera sur la meute après les chiens. Huera cl cornera de la plus forte et gravi A'aine ne pensant à nul autre péché ne mal.

Le cerf est lancé, les chiens chassent à grand bruit, les veneurs les suivent le plus près qu’il leur est possible : ils ont reconnu la force, l’àge de l’animal, combien ii porte; ils ne le quittent plus. S’il fait un retour ou suit une route, ils lâchent

Louis XÏV dans la forêt de Fontainebleau, d’après Van der Mculcn.

les chiens dans la voie; si ceux-ci changent ou hésitent, ils les rallient, ils se mettent avec eux dans le taillis et débouchent enfin dans la plaine. C’est laie plus beau moment de la chasse, et c’est celui que Van der Meuien a choisi pour représenter Louis XIV à cheval, entouré de toutes les dames de sa cour-, chassant dans la forêt de Fontainebleau. Le cerf est clans sa plus grande vigueur ; il franchit les

1 La forme du |>olit cor recourbé, qui a succédé à la conque, durait encore sous Charles IX ; elle acquit un grand développement sous Louis Xtv ; on la perlait en sautoir et avec beaucoup de grâce; elle est actuellement dans une juste proportion.

3 Dès le règne de François rr, les dames suivaient le roi à la chasse. Catherine de Médici» n’étani encore que dauphine y venait assidûment pour lui plaire; elle avait fait une réunion qu’on appela la petite Kamle (tes tînmes. Dr. \stomk.

fossés, les palissades; les chiens ne le. quittent plus; l’air retentit des cris, des fanfares, du bruit des chevaux; mais bientôt le cerf atteint un nouveau taillis el reprend une nouvelle force; il se rembuche pour chercher du change ou se reposer. Les chiens sont encore quelque temps dans la voie, mais la distance les a brisés ; ils hésitent, ils cherchent, et c’est là que commence un nouvel et dernier épisode de cette chasse.

Le cerf a disparu ; les gens de la campagne ne l’ont point vu. Les veneurs prennent alors les devants, et sondent les routes au-dessus et au-dessous de l’enceinte où les chiens ont demeuré, lis l’entourent. Tout le monde a rejoint au son du réquétté; les veneurs entrent dans l’enceinte pour la fouler. Tout à coup quelques chiens se récrient; l’animal bondit, prend un nouvel élan, les chiens le suivent ; il sort de l’enceinte. Les chiens se rallient ; les derniers relais sont découplés; ils ont toute leur force. Le cerf n’a plus la sienne et fait un dernier effort. Il va la tête dans la terre et tire la langue. Le bruit des cors, des chiens, des chevaux redouble ; on se croirait à un choc de cavalerie. Enfin le malheureux animal, atteint par les chiens, se débat encore avec courage contre eux; il prend un nouvel élan et se précipite dans un étang pour se rafraîchir et retrouver de nouvelles forces ; mais au contraire le froid vient le saisir; les chiens le suivent, l’entourent, et un coup de ca rabine parti d’une main royale vient terminer ses souffrances.

Louis XV n l«i in mi du cerf, d après Oudrv.

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galerie rie son palais , el arrive à celle étroite enceinte ; tou! à coup il ploie le genou devant un pauvre prêtre, devant un homme obscur, mais cpii est placé pour lui entre le ciel et la terre. Quels ont été dans tous les temps les dépositaires de ce terrible sacerdoce? ce serait un examen qui nous entraînerait trop loin. Ce furent, en France, d’abord les Bénédictins, puis les Dominicains, et enfin les Jésuites , qui paraissent avoir été les seuls à songer au parti qu’ils pouvaient tirer de ces importantes fonctions, et à composer des instructions secrètes pour ceux de leur ordre qui parviendraient à en être chargés. D’abus qu’ils firent en Espagne, en Autriche, en France même, de ce saint ministère, contribua à leur ruine. Louis XI S n’eut que des jésuites pour confesseurs :1e père Paulin Arnal Ferrier, le père La Chaise et le père LeTellier. Ne parlons que des deux derniers.

Le père La Chaise, nommé confesseur, devint bientôt le chef de l’Église gallicane. Le cardinal de Noailleset madame de Mainlenon firent de vains efforts pour le renverser ; ils n'y parvinrent point. Ce jésuite fut pendant dix ans le persécuteur implacable de Port-Royal. Sur la lin de sa vie, il fut plus modéré et passait son temps à la maison de campagne qui porte encore son nom, el où il se rendait dans un carrosse à six chevaux. Peu de jours avant sa mort, il dit au roi : « Sire, de grâce, choisissez mon successeur dans notre compagnie. Elle est très-altachée à Votre Majesté, très-nombreuse, très-étendue. Dans vue disgrâce, vn mauvais coup ed bientôt fait , et on n’en pourrait pas répondre. »

Effrayé , et dans l’alternative de se faire confesser par les jésuites ou de craindre un ir.auvais coup , le roi remplaça le père La Chaise par son confrère Michel Le Tellier. Cet homme, d’un caractère dur el opiniâtre , dit un des membres de son ordre (l’abbé Gorgetle), lit regretter son prédécesseur el abusa de la vieillesse de Louis XIV pour l’entraîner dans les mesures les [dus violentes. Il avait le monopole de la confession, et ne permettait pas qu’aucun des princes de la famille royale eût un confesseur de son choix.

Vovanl sa fin approcher, le roi, agité par les remords, au sujet des persécutions qu’il avait exercées, manifestait le désir de prendre d’autres conseils; mais Le Tellier s'opposa à toute réparation, en lui disant que ce serait détruire en un seul moment l’ouvrage de toute sa vie.

Après la mort de Louis XIV, le régent rendit la liberté à tous les ennemis de la bulle que Le Tellier avait entassés dans les prisons d’Etat. Ce jésuite fut exilé à La Flèche, où il mourut en 17lù.

Le caractère des confesseurs, dans les pays catholiques, est d’une grande importance pour les affaires de l’État : une nation est intéressée à ce que les hommes, qui exercent une grande influence sur les décisions du monarque soient probes et éclairés.

Si Barthélemy de Las Cases eut été confesseur de Charles-Quint, son intrépidité chrétienne eût obtenu peut - être des moyens plus efficaces pour protéger les

ANCIEN LT MODLttNL.

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Indiens opprimés. Si un confesseur éclairé eût démontré à Louis Mil que le prétexte de convertir les Noirs en les réduisant à l étal de bêtes de somme déguisait les attentats de la cupidité contre l'humanité et le droit, ce prince e't-il consenti à la traite des nègres?

Si Louis N IV, au lieu îles pères La Chaise et Le Tellier, eût eu pour directeurs des hommes tels que Bossuet, Fénelon, Arnaud, ils lui eussent épargné bien des fautes, et à la fin de sa vie bien des chagrins.

Nous avons représenté ici Louis XIV se confessant, et, dans le cabinet attenant, le capitaine des gardes qui 11e devait jamais perdre de vue le roi , attendant debout qu’il eût terminé sa confession.

La salle du Confessionnal n’a qu'un tableau, et on 11e pouvait pas en chercher un plus d’accord avic le lieu : c’est le portrait de madame de Mainlenon , par Rigaul et un des plus ressemblants.

Madame tic Maintmon

Cabinet tlo Louis \\ .

sorlaul de la pièce du Confessionnal, on se trouve dans un charmant pelil salon, décoré dans le style du temps de Louis XV. et qui servait autrefois à ce prince pour renfermer sa cassette, ses bijoux et plusieurs collections précieuses. Ce cabinet, ainsique plusieurs pièces qui l’avoisinent , a été construit dans remplacement du grand escalier et de la galerie de Mignart. Mesdames , filles de Louis XV, habitèrent longtemps quelques-unes de ces pièces, et elles traversaient ce cabinet pour se rendre tous les jours auprès de leur père, au moment où il revenait de la chasse. Elles passaient un énorme panier; on prévenait madame Adélaïde, qui tirait un cordon qui avertissait madame Victoire ; celle-ci sonnait madame Sophie, qui à son tour prévenait en passant sa douce sœur madame Louise. Louis XV baisait chacune de ses tilles sur le front, et leur demandait de leurs nouvelles en lesappelant par des sobriquets singuliers qu'il leur avait donnés; elles lui furent toujours très-attachées.

Ce cabinet est le véritable type de la manière dont étaient décorés les appartements du temps de Louis XV, et quoiqu’il soit possible de ne pas aimer ce genre , devenu de nouveau à la mode, on ne peut se refuser à trouver qu'il ne manque ni d’agrément ni de magnificence.

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