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La Hollande secourue contre l'évêque de Munster

C’est ordinairement dans cette galerie, au bout de laquelle un trône était élevé sur un tapis de Perse à fond d’or, enrichi de fleurs d’argent, à droite et à gauche duquel étaient placés de grandes cassolettes d’argent, et des candélabres de même métal, que Louis XIV, entouré de ses enfants, de ses généraux et des principaux personnages de sa cour, recevait les ambassadeurs extraordinaires. C’est ainsi qu’il ad¬

mit en sa présence, le 15 mai 1685, le doge Impériali, accompagné de quatre sénateurs à genoux, pour lui faire la réparation des sujets de mécontentement qu’il avait éprouvés. On y donna aussi des bals et des fêtes, entre autres celle qui eut lieu le 7 décembre 1697, à l’occasion du mariage du duc de Bourgogne et de la princesse de Savoie.

oui (Imiis ce salon offre un contraste frappant avec les peintures et les sculptures du salon de la Guerre. Là tout représentait les fureurs de Bellone; ici tout respire les douceurs de la paix.

La corniche est ornée de branches d'olivier, d’épis et de guirlandes ; sur les portes, des enfants soutiennent des festons de fleurs; aux angles, des lyres, surmontées de la couronne de France, sont entre des caducées et des cornes d’abondance.

Sur le cintre, qui est du côté des appartements de la reine, est représentée l’Europe chrétienne en paix.

Dans le cintre qui fait face à la galerie, on voit l’Allemagne recevant avec reconnaissance la branche d’olivier que lui apporte son bon Génie. Au-dessus de l’arcade de la galerie , l’Espagne à genoux remercie le ciel du laurier que lui apporte un amour.

En face dos appartements de la reine est la Hollande également a

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genoux, offrant avec respect sur un bouclier les (lèches < j u i lui restent ; un amour les enlace de lauriers.

Plafond du Salon de la Paix.

Sur le plafond ovale , la France , couronnée par l’Immortalité, est dans un char porté dans un nuage, elle appuie sa main gauche sur un écu orné de Heurs de lis, et de son sceptre, qu’elle tient à sa main droite , elle ordonne à la Paix, qui porte un caducée, de répandre partout l’abondance et la joie. Au-dessous, sont divers Amours qui jouent avec des tourterelles au cou desquelles sont attachés divers médaillons aux armes des Bourbons de l’Fspagne, des maisons de Bavière et de Savoie; allusion aux mariages du Dauphin avec Marie- Anne de Bavière, de Charles d’Espagne avec Marie-Louise d’Orléans , et de Victor-Amédée de Savoie avec Anne-Marie d’Orléans.

Tous ces tableaux, ainsi que ceux de la grande galerie et du salon delà Guerre qui les précèdent, sont dus au génie inépuisable de Lebrun, peintre qui eut peut-être trop de réputation , trop de vogue dans son temps , mais qui en a trop peu aujourd’hui. Ce que lui reproche l’école actuelle c’est le manque d’effet et quelquefois de correction do dessin ; mais ce qu’il pourrait reprocher à l’école actuelle, c’est b' peu d'ima-

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gination , do mouvement de génie , (rabondance , qualités qu'il posséda au suprême degré.

Sur la cheminée est un magnifique portrait de Louis XV, par Lemoine; d’une main il tient un gouvernail , et de l'autre il présente a 1 Europe l’olivier de la Paix, loi encore Lemoine eut un redoutable voisin dans Rigaut, et cependant il ne lui lut pas intérieur.

Dans cette pièce était le jeu de la reine, car de tout temps on joua très-gros jeu à la cour de France. Louis XIV encourageait cette passion , qui attirait à sa cour et la rendait brillante; mais il savait dédommager les personnes de sa famille ou de son intimité qui éprouvaient de trop grosses pertes. On ne peut envisager la porte de cette salle sans un souvenir pénible, en pensant à la nuit où un garde-du corps lidèle et courageux périt en défendant ce poste.

Porte île la chambre à coucher île la reine , à minuit, le 5 octobre.

Chambre à coucher de la reine.

J'entends encor ces voix , ces lamentables cris ,

Ces cris : Sauvez le roi , son dpouse et ses (ils !

Voltairr, Mérope , acte ï.

e garde-du-corps que nous avons laissé près de la porte de la chambre à coucher de la reine , à la partie extérieure, dans le salon de la Paix, ne fut point attaquédans le premier moment; c’est celui qui était en faction dans la salle des Gardes , attenant à l’escalier de marbre : c’est par là que le peuple fit explosion , vers quatre heures du matin. Ce brave homme n’eut que le temps de crier : « Sauvez la reine ! » avant d’être massacré. Ce cri fut heureusement entendu par deux des dames de la reine qui n’avaient pas voulu se coucher. Elles étaient restées dans le salon , séparé encore du vestibule des Gardes par la salle du Grand-Couvert , comme nous le verrons tout à l’heure ; elles entrèrent alors chez la reine qui sortit de son lit , couverte seulement d’un manteau de nuit, et s’enfuit par la petite porte indiquée sur cette gravure et qu’on a laissé subsister, elle se rendit chez le roi, en passant par l’OEil-de-Bœuf, par la chambre de Louis XIY et la salle du conseil.

On voit qu’elle traversa le couloir de son cabinet de toilette, et la porte suivante se trouvant fermée, elle eut quelque peine à l’ouvrir.

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I iilin elle arriva a la pièce n. (i du plan , où elle trouva réunis le roi , Monsieur.... Quelques instants après arriva Lafayette.

t. Salon tic la Paix.

Chambre à coucher.

•i. Couloir et petite porte.

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