VL H S \ II. LL S
La (lucliessc de Bourgogne.
Madame la duchesse de Bourgogne, qui lut une des plus aimables princesses de son temps, lit les délices de la cour de Louis XIV, et embellit les dernières années de sa vie. A sa mort, si malheureuse, un voile de deuil s’étendit sur le palais du grand roi ; sa vie ne fut plus qu'un triste accomplissement de devoirs politiques et religieux, une suite de pratiques régulières el monotones, dont il imposait comme il subissait le joug a tout ce qui l'entourait. Cette charmante princesse
dans le cintre , Solon, PU déniée , Trajan et Septimc-Severe dans des actes de justice et de bienfaisance.
A N Cil-: N K I MO DU K Mi.
ne fut pas toujours insensible aux hommages si multipliés, si exaltés qu’elle recevait, mais elle expia bien quelques légèretés de jeunesse dans les dernières années de sa vie si belle, si brillante, si courte : elle voulait en anéantir jusqu’aux moindres traces ; ses scrupules même les dénoncèrent, et la dévotion du vieux roi crut trouver peut-être une arme pour se détendre du chagrin, en cherchant à perdre ce que l'estime ajoute à l’affection.
Au-dessus de la cheminée, est la famille du grand Dauphin, tableau de Mignard, souvent répété; dans les deux autres panneaux, la statue de la duchesse de Bourgogne, de Coysevox, et son portrait en pied, par Higaud, très-beau tableau qui passe pour être très-ressemblant et que nous avons cherché à reproduire.
Marie - A nioinetto.
IJui donnait tant «l’éclat au trône des Bourbons. Tant «li- charme nu pouvoir, tant «le grâce a scs dons DfMT. T, K.
miïS AIMWKTEMENTS l>E LA HEINE.
Ile puissance n exerce pns sur les âmes le souvenir «le beauté el «lu malheur! Toute la magnificence de Voies, la série des salles superbes qu’on a parcourues s'efface , s’oublie, lorsqu'on entre dans trois ou quatre chambres basses, obscures, mais qui servaient «I habitation à l'infortunée Marie Antoinette. C'est là que, dans l’intimité dequelques personnes aimables, elle cherchait à échapper à son rang et à satisfaire le désir qui la dominait, d’être aimée pour elle-même, d’être appréciée dans ce qu’elle tenait de la nature plutôt que de la naissance : reine, et au plus haut degré, dans les circonstances graves, mais femme aimable, gaie, frivole même, dans tout le reste du temps. « Il faut monter à cheval , disaitelle à Louis XVI l'avant-veille du 10 août, et vous me verrez, s’il le faut, mourir à vos côtés. » Puis, quelques moments après, oubliant
V i; 15 S A I LL K S A N C I K N \i T M U 1) \i II N E.
la gravité des circonstances, elle ajoutait : « Connaissez-vous rien de plus ennuyeux que Pétion? » Ces aimables qualités, qui la rendaient l’idole de ceux qui la connaissaient, excitaient l’envie de tous les autres; car, lorsqu’elle faisait une sorte de sacrifice de sa dignité, et disait dans ces moments d’abandon : Enfin , je ne suis plus reine, il semblait alors que ce même sacrifice dût appartenir ou profiter à tout le monde, quelle n’eût pas le droit de choisir.
Les petits appartements de la reine consistaient, sous Marie Leczinska, en un salon , un oratoire et un cabinet de travail ; la reine Marie-Antoinette les fit arranger dans le goût moderne, et ils composaient un cabinet de toilette, un salon, une bibliothèque, le tout dans de très-petites dimensions, ne recevant le jour que d’une cour étroite, mais décoré avec goût.
Cette petite pièce a une cheminée et une alcôve avec un canapé; la reine y passait tous les jours près de deux heures que durait la coiffure de ce temps. C’était alors qu’elle recevait l’abbé de Vermond
VKItSA 1 LL ISS
cl qu’elle convenait avec lui des réponses à faire à la multitude de demandes de tout genre qui lui étaient adressées. Celui qui la coiffait est le célèbre Léonard , sous le nom duquel on a publié des mémoires.
Petit Salon rie la reine.
(S'est ici que Ma rie- An toi nette recevait les personnes qu’elle admettait dans son intimité, celles surtout qu elle pouvait obliger, qu elle ty pouvait secourir. C’est là qu’on vit longtemps un en-
tant qu elle avait recueilli dans une des promenades 'N solitaires qu’elle faisait dans les environs de Trianon ; c’est là que madame de Bellegarde obtint d’elle la révision de son procès. Cette scène fut le suiet dans kVV yC ce temps de plusieurs tableaux que nous avons cher- jj?
Ornements dos appartements de la reine.
ANCIEN ET MODERNE
ché à reproduire ici. La société habituelle de la reine était madame de Polignac, MM. de Lamballe, de Vaudreuil, de Narbonne, de Coigny, et plus tard MM. de Lameth, de Ségur et deBesenval-
Bibliothèque de la reine.
Pendant plusieurs années Marie-Antoinette passa dans cette pièce une grande partie de ses matinées à écrire, à lire et à faire quelques ouvrages de tapisseries : c’est ainsi que l’a représentée madame Le Brun. Longtemps étrangère aux affaires politiques, elle ne consentit à s’en mêler que lorsque le roi lui-même l’exigea , et que la gravité des temps portait tout le monde à chercher le \>
Ornements des appartements de la veine.
remède à ces embarras menaçants; c’est alors qu’elle commença à s’inquiéter de ce qu’on disait d’elle, qu’elle exigea du lieutenant de police qu’il lui fit connaître les sourdes intrigues, les libelles, les pamphlets dont elle était l’objet. Que de larmes elle versa dans ces tristes lectures ! et combien de fois, restée seule à dévorer ses chagrins ou à se soumettre à les cacher à travers l’étiquette et les représentations, elle dul se dire en se rappelant les temps heureux de son enfance Voilà pourtant ce (/ne c’est que d’être reine ' !
' Madame de Coigny, fatiguée un jour des hommages iju'on lui rendait, lit graver le cachet ei-dessons.
Distribution des ailles.
VERSA I LL Es
avait dit au peintre : « Nous bâtirons pour eux un palais. » Louis- Philippe leur a trouvé un asile digne d’eux. L’histoire dira qu’il a existé dans les temps modernes une république qui a menacé (le conquérir le monde comme la république romaine, et qui a fini comme elle par un trône. Ses guerriers, qui n’étaient distingués des autres citoyens que par plus de talents, plus de bravoure, l’ont été bientôt par des décorations , par des titres, et leur chef heureux a placé la couronne sur sa tète. Voila ce que contient et développe cet éminent salon dont le tableau principal est le couronnement de Napoléon.
Couronnement île l'empereur.
Le 2 décembre 1804, jour fixé pour le sacre de l’empereur, le pape partit a neuf heures du palais des Tuileries , pour aller à l’archevêché où il se rendit en grand cortège; l’empereur et l’impératrice partirent a dix heures. Lorsqu’ils furent placés vis-à-vis de l’autel, le pape descendit de son trône et se rendit à l’autel. Ensuite l’empereur, ayant remis la main de justice à l'archichancelier, et le sceptre à l’architrésorier, monta à l’hôtel , prit la couronne et la plaça sur sa tète; puis
ANCIIÏN K T MODlilUNK.
Il prit dans scs mains celle de l’impératrice , et, revenu auprès d’elle, il la couronna.
Le peintre a choisi le moment où l’empereur, déjà couronné de ses mains , transporte la couronne sur le front de son épouse et où les voûtes de l’église retentissent d’acclamations.
Derrière l’empereur les princes Joseph et Louis, et les grands dignitaires Cambacérès et Lebrun.
Derrière les princes, les colonels généraux de la garde: Soult, Bessières, Davoust et Mortier, le grand maréchal du palais Duroc, le colonel générai Beauharnais portant l’anneau , le maréchal Bernadotte portant le collier de l’empereur, et le maréchal Berthier portant le globe impérial.
A droite des princes, en obliquant en avant, M. de Talleyrand , grand chambellan, et M. le général Caulaincourt, grand écuyer.
Derrière eux, deux chambellans ; derrière l’impératrice, les princesses, Joseph, Louis, Elisa, Pauline et Caroline; derrière les princesses, mesdames de Lueay, de Bémusat, de Talhouet, deLauriston , la maréchale jNey, Darberg, Duchâtel, de Séran de Colbert et Savary, dames du palais