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A gauche des princesses , et en obliquant en avant , la dame d’honneur, madame de La Rochefoucault, la dame d’atours, madame de Lavalette; derrière elles, le premier écuyer, M. le sénateur d’Harville, et le premier chambellan, M. le général Nansouty. A gauche de la dame d’atours, et en obliquant en avant, les trois grands officiers portant les honneurs de l’impératrice, JIM. les maréchaux Serrurier, Moncey et Murat. A la droite, près de l’autel , le grand maître des cérémonies, M. de Ségur.
Madame mère était placée dans la tribune impériale, à droite du trône; le corps diplomatique occupait la tribune à gauche du trône.
A:e pouvant faire connaître ni le nom ni les places de tous les personnages qui font partie de cette grande scène, nous nous bornerons à quelques-uns des principaux qui composent la partie a droite du tableau.
David n’a fait que revêtir d’habits modernes cette masse de personnages qu'il a distribués habilement sur la toile, en réservant la lumière sur le groupe principal.
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Le tableau qui est en lace de celui-ci représente la distribution des Aigles. îl ne le cède point à l’autre , il a même plus de mouvement ; mais il a aussi quelque chose de théâtral, de forcé, qui d’ailleurs ne s’accorde pas avec la vérité de l’histoire, plusieurs des personnages qui y figurent voyant avec peu d’enthousiasme cette cérémonie.
Napoléon en habits du sacre.
Les anciens costumes comme les anciens usages de la royauté avaient été repris, mais avec des changements analogues au progrès des arts et aux nouvelles idées. Napoléon voulait se placer dans l’ordre des souverains et dans l’habitude des cours , sans cependant se
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inoulrer ridicule a ses sujets , et les arts, sous ce rapport, lui furent utiles. Ils rajeunirent toutes les anciennes formes, et c’est dans ce costume que fut composée sa statue sur la colonne, et qui, en effet, était plus monumentale que le chapeau à trois cornes et la capote qu’on voit aujourd'hui, sorte- de représentation bonne pour une statue dans l'intérieur de quelque édifice, mais qui n’a rien de monumental. Les dessus des portes sont de Gérard. .Mais le tableau qui, avec raison, fixe tous les regards , c’est la bataille d’Aboukir, de Gros, un de ses tableaux les plus chaleureux; on y trouve le mouvement, l’énergie des compositions de David , et de plus un effet et une couleur admirables.
Gette salle, la plus grande du palais, s’appelait autrefois le Magasin îles gardes. C’est la en effet qu’ils se rassemblaient pour passer des inspections; elle servait aussi à toutes les réunions considérables, Iris ([lie lits de justice, cours plénières, et , le jeudi saint , à la cérémonie de la Cène. Les pauvres étaient rangés sur un des côtés, et les princes leur apportaient leur denier, qu'ils allaient prendre dans la pièce voisine que nous allons décrire.
Bataille d’Aboukir.
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contré clans son chemin une couronne; tous y ont acquis un nom célèbre à laisser à leur famille; mais avant d'énumérer chacun de ces miracles, voyons quelle a été leur origine et les événements gigantesques qui les ont enfantés.
Au milieu du repos de l’Europe a retenti un cri de liberté, d'indépendance, une voix qui appelait les peuples à conquérir ou à reprendre leurs droits : force a été aux souverains d'étouffer cette voix ou de s’y soumettre , et d’appeler la guerre comme seul arbitre dans cette question. Cent vingt mille étrangers avec un manifeste menaçant se sont présentés, non- seulement pour conquérir, mais pour asservir la France, lui imposer le retour à un ordre de choses qu’elle avait violemment, consciencieusement détruit. La capitale a donné l’exemple d'une résistance générale. Le premier tableau qu’on aperçoit est le départ de Paris des volontaires, au nombre de cinquante bataillons, formant un total de trente-six mille hommes; les deux autres tableaux sont les batailles de Valmy et de Jemmapes,qui furent les conséquences de ce grand mouvement, et qui ouvrirent dignement F histoire de nos guerres célèbres.
Bataille de Valmy.
Pour résister à l'invasion de près de cent mille hommes, commandés par le duc de Brunswick et le roi de Prusse en personne, et composés de Prussiens, d’Autrichiens , de ITessois et d'émigrés la Franceavait une armée campée près de Sedan, sous les ordres de Dumouriez, et celle du nord sous les ordres de Keliertnann.qui
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avait remplacé Lukuer la première était forte tl environ trente-huit mille hommes, l’autre de vingt-sept mille : une réserve se formait sur les derrières, des bataillons de Paris et des départements. — Dumouriez occupait les défilés de l’Argonne , le camp de Grand-Pré et îles Islettes. Le I i septembre, son aile gauche fut battue et le posle de Grand-Pré pris, ce qui l'obligea de faire un quart de conversion et de se replier sur Sainle-Menehould ; il occupait le 16 celle position qui le rendait maître de la grande route de Verdun à Cbâlons , et forçait les Prussiens à établir leurs communications par des chemins et dans un pays que la mauvaise saison commençait à rendre impraticables.
« Ce fut dans cette position que Dumouriez pressa de nouveau son collègue Kellermann de se joindre à lui, et que celui-ci s’y décida enfin : l’armée deKellermann prit donc position sur la gauche de celle de Dumouriez, le 19 septembre au soir, entre Valmy et Dammartin-la-Plancbelte. Elle campa sur deux lignes , la première sons les ordres du lieutenant-général Valence , la seconde sous ceux du lieutenant-général duc de Chartres. L’avant-garde de Kellermann , commandée par le général Desprez de Crassier , prit poste à Hans, ayant derrière elle, à Valmy. le général Stengel avec un corps de troupes légères de l’armée de Dumouriez. Gizaucourt fut occupé par le colonel Tolozan, avec le premier régiment de dragons.
ii Cependant, l’armée prussienne, défilant par le Grand-Pré et la Croix-aux- Bois, s’avançait dans les plaines de la Champagne, et pénétrait jusqu’à la route de Cbâlons, en sorte qu’elle s’interposait entre l’armée française et Paris.
« Le 20 septembre , avant le jour, les hussards prussiens de Kcrlher surprirent le premier régiment de dragons dans Gizaucourt , qui, comme on l’a déjà dit, était derrière le camp de Kellermann. Le colonel Tolozan n’eut que le temps défaire monter son régiment à cheval et de sortir du village , où il perdit tous ses équipages. Heureusement les hussards prussiens n’avaient point d’infanterie avec eux : en sorte qu’ils n’osèrent pas rester à Gizaucourt, et que ce poste important, ayant été peu après repris par les troupes françaises , ne leur fut plus enlevé. Vers six heures et demie du matin , on entendit une forte canonnade du côté de Hans , où était l’avant-garde , et on battit la générale au camp. Desprez de Crassier fit avertir Kellermann qu’étant attaqué par des forces considérables, il allait se replier ; il ajoutait que le brouillard épais de cette matinée ne lui permettait pas de bien reconnaître le corps qui l'attaquait , mais qu’il croyait que c’était toute l’armée prussienne qui s’avançait en masse. Desprez de Crassier suivit de près cet avis , et revint au camp avec toute l’avant-garde. Kellermann le dirigea aussitôt sur Gizaucourt , afin d’assurer la conservrdion de ce poste important. En même temps il plaça sa première ligne sous les ordres du général Valence, devant Orbeval , entre la rivière d’Anve et la colline de Valmy, perpendiculairement à la chaussée de Cbâlons. La seconde ligne, commandée par le duc de Chartres, fut placée parallèlement à la chaussée et perpendiculairement à la première, sur la crële de la colline de
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Valmy, de sot ie que les deux lignes tonnèrent une équerre ; une forte bat terie d'artillerie de position fut établie au moulin de Valmy, qui était le point le plus élevé de ees coteaux. Le général Slengel occupa la côte de l'Hyron, qu'il défendit vaillamment toute la journée. Le général Dumouriez, voyant (pie l'attaque se dirigeait sur l’armée de Kellermann , qui était plus avancée que la sienne, instruisit son collègue des dispositions qu'il avait prises. Il avait partagé son année en trois corps qu’il avait mis en mouvement sur-le-champ, sans compter la réserve qu'il avait laissée dans le camp de Sainte-Menehould, et le corps du général Arthur Dillon , qui occupait les Islelles. Le corps de gauche , fort de neuf bataillons et de huit escadrons, sous les ordres du général Chazot , se porta, parla chaussée de Chàlons , sur les hauteurs de Dampierre-sur-Auve et de Gizaucourt , pour soutenir le général Desprez de Crassier et la gauche du général Valence ; celui du centre, de seize bataillons, sous les ordres du général Beu mon vi Ile , fut dirigé sur la côte de l’Ilyron, pour soutenir le général Slengel ; et celui de droite, de douze bataillons et de huit escadrons , sous les ordres du général Leveneur, lut chargé de s'étendre sur la droite de Beurnonville , alin de tâcher d’entamer l'arrière-garde des Prussiens, et de tomber sur leurs équipages.
La canonnade, qui avait déjà commencé au moulin de Valmy, avant que le due de Chartres y eût relevé le général Slengel , devint très-vive vers dix heures. Les Prussiens établirent contre le moulin deux batteries principales , qu'ils renforcèrent ensuite successivement . L’une d’elles était sur le prolongement de la colline du moulin, et l’autre sur la colline qui est en face , du côté de la chaussée , devant la cense dite de la Lune, (pie cet le journée a rendue célèbre, et où le roi de Prusse fixa le lendemain son quartier général. Ces batteries firent perdre beaucoup de monde à l’armée française; mais cette perle n’ébranla point la fermeté des troupes, et il n'y eut qu'un instant de désordte dans deux bataillons de la division commandée par le duc de Chartres.
- Vers onze heures, le brouillard s étant entièrement dissipé, on découvrit l'armée ennemie (pii s avançait dans le plus grand ordre sur plusieurs colonnes , et qui se déploya avec précision dans la grande plaine qui s'étend de Somme-Brionn vers la Chapelle-sur- A uve. Ce déployemenl fut lent, et ce ne fut que vers deux heures qu’il fut achevé et qu'on la vit se rompre en colonnes d'attaque. 11 semblait alors qu'elle allait engager le combat, et des cris de vive la iialion! i ive la l'rmi<e! se firent entendre aussitôt dans tous les rangs de l’armée française; mais soit que la belle contenance des troupes ait fait pressentir au duc de Brunswick qu'il trouverait plus de résistance qu’il ne l avait calcifié d'abord ; soit, ce qui est assez probable, qu'il ail voulu attendre le corps autrichien du général Clerfayt. qui n'arriva que dans la nuit , les colonnes prussiennes se formèrent et se déployèrent trois fois successivement, sans jamais se décider à l'attaque : le combat se réduisit à une simple canonnade, qui dura toute la journée, et qui ne cessa que
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lorsque 1 obscurité de la nuit eut rendu impossible de la continuer davantage.
« Les officiers d'artillerie évaluèrent le nombre de coups de canon tirés par les deux armées à plus de quarante mille.
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Plan de la bataille de Valmv.
« Tel fut le premier succès des armées françaises dans cette longue guerre , ou elles recueillirent ensuite tant de lauriers. Considéré en lui-même, on peut n'y voir qu’une canonnade où chacune des armées se maintint dans sa position ; mais l’armée prussienne manqua son but , tandis que l’armée française atteignit le sien; et, lorsqu'on raisonne sous le point de vue stratégique, lorsqu’on considère l'époque , les circonstances , l'effet moral et politique de celte canonnade , les conséquences qu'elle a entraînées , on doit reconnaître qu'elle a bien mérité d'être considérée comme une bataille et comme une victoire. En effet, ce fut dans cette glorieuse journée que les armées étrangères commencèrent à éprouver combien la résistance d'une grande nation qui défend son indépendance peut être forte. Elle décida le roi de Prusse et le duc de Brunswick à demander un armistice aux généraux français ; cet armistice fut bientôt suivi d’une retraite totale. » Le moment représenté sur le tableau est celui où le général Kellermann eut un cheval tué sous lui, et sur le devant est un groupe d’officiers , parmi lesquels on distingue
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le général \ alence, le duc de Chartres, le «lue de Monlpensier son frère, qui était alors son aide de camp, et dont le bulletin fait l’éloge.
Baladle de Jenimapcs.
Le départ de l'armée prussienne laissait à découvert la Belgique, et on ne conçoit pas la politique des cabinets à cette époque. Dumouriez , à son retour à Paris , songea à réaliser ce projet qu’il avait conçu depuis longtemps : l'occupation de ces belles provinces qui semblent appartenir à la France par leur position, leurs intérêts, leur langue, leur religion; mais son armée était sans vêlements, sans chaussures , et lui , sans moyen de lui en procurer. Il ne prit pas moins ses dispositions pour celte expédition, et le 5 novembre il attaqua les Autrichiens à Boussu, s’en empara et les poursuivit jusqu’à Saint-Guislain. Le 0 novembre, il partagea son armée en deux ailes , donna le commandement de la première au jeune duc de Chartres, et la seconde au général Ferrand, en l’absence de Miranda.
Son armée était en tout de vingt-sept mille hommes, sans compter six mille que le général d Harville devait lui amener le lendemain de Maubeuge , et qu’il attendait pour commencer l’attaque ; mais ne les voyant pas arriver , il se détermina à marcher à l’ennemi, qui lui opposa une vive résistance.
Aussitôt le duc de Chartres, qui commandait le centre, rompit sa division en colonnes de bataillons, et marcha sur le bois de Flénn , qui couvrait le centre des
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Autrichiens. Il mit six de ses bataillons en réserve , et avec les dix-huit autres il culbuta l’infanterie légère autrichienne qui défendait les abatis , traversa les bois et arriva sur le plateau. Mais cette infanterie, soutenue par l'artillerie des redoutes qui tirait à mitraille, fit un tel ravage dans la tête des colonnes, qu’il devint impossible de les faire déboucher : elles rentrèrent dans le bois et le traversèrent rapidement dans le plus grand désordre. C’est là que furent frappés le colonel Dubouzet , du 404e régiment de ligne, qui fut tué sur la place ; le général Drouet, qui eut les deux jambes emportées et mourut deux heures après ; les colonels Dupont de Chaumont et Gustave de Monjoye , adjudants généraux , qui reçurent des coups de feu. Tout était perdu si les Autrichiens avaient su profiter de cet avantage momentané; mais leur infanterie resta immobile, et ils se contentèrent de lancer quelques hussards et quelques chasseurs à pied , qui ne parvinrent point à traverser le bois; en sorte que, tandis qu’ils étaient contenus par la résistance des deux bataillons du 83e (Foix), commandés par le colonel Cbampollon et le lieutenantcolonel Villars, le duc de Chartres, formant derrière le bois une chaîne de chasseurs à cheval du 5e régiment , parvint à rallier les fuyards.
De ces bataillons désunis , il en fait une colonne à laquelle il donne le nom de bataillon de Mons, leur distribue cinq drapeaux qu’il tenait dans ses bras, et leur donne pour renfort le <>c bataillon qu'il avait mis en réserve à l’entrée du bois ; alors il fait de nouveau battre la charge , et les mêmes soldats attaquèrent
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avec intrépidité l’infanterie autrichienne qui remplit l'intervalle des redoutes , la culbute et s’empare des parcs de l’artillerie ennemie; de ce moment la victoire ne fut plus douteuse, et l’ennemi, chassé de ses positions, abandonne le bois de lemrnapes, en le laissant couvert de ses morts et de ses canons.
Le tableau d Horace Vernet est une représentation fidèle de cette mémorable victoire ; le paysage, peint d’après nature , est d’une parfaite exactitude. La houillère ou fosse de charbon de terre qui est incendiée , dans le coin du tableau , est celle du village de Frameries , devant lequel le spectateur est placé. On voit dans le fond la ville de Mons, le village de Cuesme et le village de Quarégnon sur la gauche. Le village de Jemmapes,qui a donné son nom à la bataille, est situé entre Cuesmes et Quarégnon; mais on ne l’aperçoit pas, parce qu’il est masqué par la colline sur laquelle l’armée autrichienne était retranchée. Le général Dumouriez , suivi de quelques officiers de l’état-major et d’un groupe d’ordonnances , est sur le premier plan. Il est arrêté dans son mouvement parla rencontre de quelques prisonniers autrichiens qu’on lui présente, et surtout par l'aspect du général Drouet, blessé , que les soldats portent à l’ambulance.
On voit sur un plan plus élargi l'aile gauche de l’armée autrichienne , et dans le lointain le duc de Chartres attaquant le bois de Fleur.