‹ VersaillesChapitre 64 sur 115 · VU USAI LL US · texte numérisé non relu

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après la bataille d’ivry : « Brave soldat, vaillant chevalier, digne aini , que je vous ii embrasse des deux bras en présence de ces princes, capitaines et grands cheva- « liers qui sont auprès de moi ! » Paroles qui font autant d’honneur au monarque qu’au sujet. Au milieu de tous ces personnages distingués, et la plupart d’un âge avancé, on se demande quel peut être ce très-jeune homme, ayant tout à fait l’air et la beauté d’une jeune femme, vêtu d’une manière recherchée; on lit que c’est Balagny, fils bâtard du célèbre Dommyllan-Montluc, qui procura la couronne de Pologne au duc d’Anjou ; ce Balagny servit bien , mais il ne fut toutefois crée maréchal de France par Henri IV qu’à cause de ses alliances avec les maisons de Clermont et d’Estrées.

i idcsii ine salle des Maréchaux

elle petite salle renferme un grand homme sur lequel se portent j j tous les regards. A ces traits prononcés, quoique calmes, à cette

[I expression résolue, quoique bienveillante et modeste, on reconnaît . |e guerrier qui , à l’âge de quatorze ans , coucha sur un affût de canon, et fut renversé par un boulet, à Salsbach , après quarante -sept ans de hauts faits et de vertus: l’immortel Turenne. Près de lui est La Meilleraie, le premier duc de son nom, grand-maître de l’artillerie en I (>5-1 , et à qui Louis X Tl I donna , sur la brèche d’Hesdin, sa canne en guise de bâton de maréchal; ensuite

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c’est Guébriant, qui s'éleva par son seul mérite de soldat à maréchal ; c’est La Mothe lloudancourt, qui servit la France et l’Espagne avec un égal succès ; c’est L’Hôpital, abbé, évêque, soldat, puis enfin maréchal et commandant l’aile gauche du duc d’Enghien à la bataille de Rocroi ; Plessis-Pralin, qui eut la gloire de vaincre Turenne à la bataille de Rethel, et de servir la France mieux que lui dans ce moment ; enfin Jean Gassion, l’élève de Gustave-Adolphe, mort comme lui, jeune, à trente-huit ans , et à qui le grand Condé attribuait le gain de la bataille de Rocroi.

Quatrième salle des Maréchaux

Du corps du grand Rant?au tu n’as qu’une des parts ; L’autre moitié resta dans les plaines de Mars.

II dissipa pai tout ses membres et sa gloire;

Tout abattu qu’il fut, il demeura vainqueur.

Son sang fut en cent lieux le prix de sa victoire ,

Et Mars ne lui laissa rien d’entier que le cœur.

Épitaphe du maréchal de fiant tau .

/^n seul tableau , d’un effet et d’une couleur admirables, par Alaux, décore cette petite pièce , l’ancien cabinet du régent , c’est le por- [ célèbre Rantzau qui, après avoir servi avec distinction en Hollande et en Suède, se consacra au service de France, et perdit, l’un après

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l’autre, presque tous ses membres : une jambe et un bras, à Arras, sans eesser de combattre , el mérita l'épitaphe qu’on a écrite sur sa tombe.

Cinquième salle tics Maréchaux.

j^A.etle salle, aliénante an cabinet du régent, était autrefois le salon ( 'de ce prince; elle fut le théâtre d’un événement singulier, l’arres- -i; talion du maréchal de Villeroi, gouverneur de Louis XV. Depuis quelque temps le régent, blessé des marques de hauteur et de méfiance qu’il éprouvait du maréchal , cherchait une occasion de s'en débarrasser ; elle se trouva dans le refus que lui fit le maréchal de consentir à ce que le régent eût une entrevue avec le jeune prince, qui approchait de sa majorité, autrement qu’en présence de son gouverneur. Cette injure motivait la mesure qui fut prise, el (pie raconte spirituellement Saint-Simon. La première lois que le maréchal se présenta pour parler au régent, il trouva un officier qui lui demanda poliment, mais fermement , son épée; et, comme il s’emportait , plusieurs soldats le jetèrent dans une chaise à porteur qu’on fit entrer dans la salle, et le transportèrent par l’escalier de l’Orangerie , et le placèrent dans une voiture à six chevaux qui l’attendait au bas de la grille. Cette salle contient, entre autres portraits

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