GALERIE DE LOUIS XIII
'ancien château de Versailles, ainsi que nous l'avons dit plus haut , était simple , et le vestibule se trouvait dans Taxe des bâtiments formant une séparation entre les appartements du rez-de-chaussée. Mansard, en comblant les fossés et en élevant sur leur emplacement l’enveloppe (pii doublait le château, laissa vide toute cette partie attenante au vestibule et au-dessous de la grande galerie , seulement il l’orna de colonnes et de trophées ; ainsi on continuait à communiquer de la cour de marbre avec le jardin. Louis XV, pour augmenter le nombre des appartements du rez-de-chaussée, fit fermer ce passage et convertir la galerie en petites distributions qui toutes ont disparu, sous Louis-Philippe, pour faire place à la galerie que représente celte vue et qui est consacrée à Louis XIII, fondateur du palais. On y voit sa statue et celle de la reine Anne d’Autriche. Les panneaux des murs représentent plusieurs actions de sa vie. Les grands tableaux sont la Bataille de Rocroi , parSchnetz; l’entrée du roi à Dunkerque, de Lebrun; l’Entrevue de Louis XIV et de Philippe IV dans file des Faisans, d'après Velasquez; la Reddition de la citadelle de Cambrai, d’après Vander-Meulen ; les deux Réparations de l’Espagne et de la cour de Rome à Louis XIV. En rétablissant ainsi ia galerie , on a cependant laissé sub-
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sistei l ouverture sur le vestibule , ce qui donne de l’air et dn mouvement à celle belle pièce, qui semble être an milieu des jardins.
Cette entrevue eut lieu dans la grande salle qui avait servi aux conférences. Un riche tapis, séparé au milieu par une longue raie, marquait la limite des deux États : du côté de l’Espagne, c’était un tapis de Perse à fond d’or et d'argent ; du côté de la France, un tapis de velours cramoisi, bordé d’un gros galon d’or et d’argent
Louis XIV était accompagné de la reine-mère, de Monsieur, duc d’Orléans, son frère , du prince de Conli , et du cardinal Mazarin , premier ministre ; Madame de Navailles, dame d’honneur, était à la suite de la reine-mère. Parmi les grands officiers de la couronne et du royaume, on remarquait le vicomte de Turenne, «pii venait d’être nommé maréchal général des camps et armées du roi, le maréchal duc de Grammont, ambassadeur extraordinaire, qui avait fait à Madrid, au nom du roi , la demande en mariage.
Philippe IV était suivi de don Louis de Haro , premier ministre d’Espagne , de don Pedro d’Aragon, capitaine de la garde bourguignonne , du marquis d’Aytonne, du marquis de Malepique, grand-maître des cérémonies, du maréchal de Leche et du comte de Monserci, tous deux fils de don Louis de Haro , de don Fernando Voués de Canto-Carrero , ministre secrétaire d'Etat, de Pimentel et de Velasquez.
L’Infante arriva avec le roi d’Espagne; elle avait, rapporte Mademoiselle de Montpensier, avec le qarrt-lnfnnle, une robe de satin blanc en broderies de geais.
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Elle était coiffée en cheveux , el portait un bouquet d'émeraudes en poires avec des diamants qui étaient un présent du roi.
Mademoiselle de Montpensier avait assisté à l'entrevue du 6 juin , mais elle ne se trouva pas à la cérémonie du 7, où, dit-elle, la reine-mère se rendit toute seule; elle rapporte dans ses Mémoires que le roi d’Espagne regarda longtemps M. de Turenne , et dit à plusieurs reprises : Cet homme m'a donné de méchantes heures.
Depuis 162!) plusieurs beaux esprits se réunissaient toutes les semaines chez Valentin Conrart pour s’y entretenir de littérature. Ils se lisaient leurs ouvrages et se donnaient mutuellement des conseils. Godeau , depuis évêque de Grasse , Gombault , Chapelain , Serisy, Desmaretz et Bois-Robert, étaient les principaux membres de cette petite société, destinée plus tard à une si haute illustration.
Le cardinal de Richelieu, passionné pour les lettres , mais voulant les gouverner comme tout le reste en souverain maître . apprit par Bois-Robert l’existence de cette réunion de beaux esprits , el tout aussitôt il s’avisa du parti qu’il pouvait en tirer. Il leur lit offrir de se former en une compagnie régulière et placée sous sa protection. On hésita quelques instants si l’on échangerait contre ce glorieux patronage la douce liberté d’une obscure association ; mais Chapelain lit comprendre que les désirs du cardinal étaient des ordres, et sa protection fut acceptée. Richelieu les engagea alors à agrandir leur compagnie, et à lui donner les statuts qu’ils croiraient convenables , et de là sortit l’Académie française.
Colbert fut un des hommes que Mazarin employa le plus activement dans les dernières années de son ministère. Le cardinal conserva toujours, et même pendant la maladie dont il mourut , la direction des affaires ; mais Colbert assistait à toutes les conférences. Louis XIV sut apprécier son zèle et ses talents. Le cardinal le présenta au roi comme l’homme le plus capable de rétablir l’ordre dcns les finances, et, à ses derniers moments, il lui dit ces paroles : « Je vous dois tout , Sire , mais je crois m’acquitter envers Votre Majesté en lui donnant Colbert. »
Mazarin présente Colbert à Louis XIV.
Fondation de l’Académie française.
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Le roi reçut le cardinal dans sa chambre à coucheret dansrintérieurdu baluslre; par exception et par honneur, il le fit asseoir; les principaux sei • gneurs de sa cour étaient présents; le roi répondit avec calme et fermeté. Il est, dans ce tableau, vêtu encore du costume du
Réparation faite au roi au nom du pope Alexandre VII, T ,
par le cardinal Chi*i, son neveu tCUlpS de LOUIS XIII.
Une autre réparation
plus solennelle, qu'on voit aussi dans cette même pièce, eut lieu de la part de l'Espagne au sujet de la préséance des ambassadeurs. ,• Le comte de Fuentes présenta au roi les excuses de son maître devant toute la cour, et lorsqu’il fut retiré, Sa Majesté, adressant la parole au nonce de Sa Sainteté et à tous les ambassadeurs qui étaient présents , les invita à faire part à leurs cours de cette déclaration
Ce vestibule sépare la salle des Tableaux-Plans de celle des Rois de France ; il est orné de fort belles colonnes en marbre , entre lesquelles sont les statues de Bossuet et de Fénelon, de L'Hôpital et de d’Aguesseau, l’honneur du clergé et du barreau. On aperçoit dans le fond la statue équestre de Louis XIV, qui domine toute la contrée, et, en se retournant, l’ensemble des jardins aussi loin que la vue peut s'étendre.
Vestibule du rez-de-chausscc de Versailles
Louis XIII rl Ir Cardinal de Richelieu .