‹ VersaillesChapitre 79 sur 115 · L.-N.-II. Chérin · texte numérisé non relu

L.-N.-II. Chérin

J.-A. Marbot.

Desaix de Veigonx.

François Lanusse.

J.-B. d'Hautpoul.

Jacques Desjardins.

F. -N. Roussel.

J.-N. Gobert.

J.-B. Cervoni.

J.-L.-B. Espagne.

Leblond de S.-Hilaire.

A.-C.-L. dcLasalle.

c^-^> histoire dira qu’il a existé un homme qui , né près du trône , a toujours vécu comme un simple citoyen , qui , supérieur à la fois aux préjugés des cours el aux orages politiques , a su marcher au milieu d’eux d’un pas ferme, réglé, habile, et est parvenu ainsi à l’estime générale, qu’on n’acquiert que par le mérite, et qu’on ne conserve que par la vertu.

Cet homme , ou plutôt ce prince , après avoir servi son pays tant qu’il lui fut possible , et lui être resté fidèle à travers de longues épreuves , vivait tranquille, vivait heureux dans un lieu qu’il avait 'J'ï'-XsSit

Le due d’Orléans entouré de sa far

F.GPENAN.

, à Neuilly. — ( \ 850.)

viiit sa i lu; s

créé et sous l'ombrage des arbres qu’il avait plantés. Le dimanche 26 juillet, il s y Irouvait entouré de sa nombreuse famille ; ses enfants lui apportaient des

fleurs , et , dans ce même lieu , à cette même place, quatre jours après, les députés d’un grand peuple lui présentaient une couronne. Tel est le sujet , et en quelque sorte le programme, des événements qui sont retracés dans cette salle. Ab1 pourquoi les bornes de cet ouvrage ne nous permettent-elles pas de chercher à peindre dignement celte révolution , devenue la gloire et la prospérité de la France , et désormais le lien nouveau des rois et des peuples? Essayons au moins d’en indiquer le caractère.

Des ordonnances destructives des droits acquis, des libertés jurées, avaient frappé de stupeur tous les esprits : bientôt l’indignation succède à l'étonnement, on s’aborde, on s’émeut; la presse, plus menacée, se prononce la première; les députés présents à Paris se joignent au mouvement; le peuple enfin relèvesa tète énergique, arme ses liras et descend tout entier dans la rue. — A cinq heures, le mardi 27 juillet, sur la place du Palais-Royal, un enfant bat la charge; le mercredi, le canon gronde, la fusillade commence, toutes les rues sont bientôt barricadées, la mort court dans tous les quartiers ; le jeudi matin, le palais des rois est désert et le trône vacant; mais non : à travers la longue suite des appariements dorés des Tuileries, s’avance le successeur de tant de rois; des hommes armés soutiennent sa marche chancelante et le placent sur le trône! Règne donc, élu du peuple, apaise ces clameurs, montre-loi, règne enfin! Mais quoi! il ne respire plus; sa tête inanimée reste immobile; ses cheveux ensanglantés s’embarrassent dans les Heurs de lis dorées du trône. Noble martyr de la

Le tambour du Palais-lloyal.

Les barricades.

Vanneau placé sur le tr<

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nomme celui qui doit te remplacer.... Tu gardes le silence.... Eli! n entends-tu pas déjà au dehors les cris qui demandent la république? Le peuple attend, il

s’impatiente . Alors on crut voir celte tête se relever et ces paroles sortir de sa

bouche : « Celui qui peut me remplacer doit être d’une grande naissance , car il va prendre rang parmi les souverains , et cependant il faut qu’il ail vécu avec le peuple , comme le peuple : qu’il ait combattu avec lui et pour lui. Enfin , pour qu’il inspire de la confiance , il faut qu’il soil l’enfant de la révolution , car c’est pour la révolution que je meurs, et c’est pour la révolution qu’il doit vivre, qu’il doit régner; il faut que sa famille lui ressemble, il faut que son gouvernement soit une république sans orage et une monarchie sans abus, il faut qu’il ait l’expérience de l’âge et cependant la vigueur de la jeunesse. Si quelqu’un réunit toutes ces qualités, qu’il se présente, qu’il occupe cette place, que je lui cède sans regret. » A ces mots, la tête du mourant s’affaisse sur sa poitrine, son corps glisse au pied du trône.

Noble et courageuse victime , tu seras satisfaite! Oui, celui que tu viens d’appeler à te succéder existe, il connaît ses obligations, il va jurer de les remplir !

Arrivée du duc d’Orléans sur la place de l'Hètel-de- Ville le 51 juillet 1850. — Par Larivikrk.

Telle est, en effet, l’histoire des trois journées contenue dans cette salle. Après trois jours de combat dans les rues de Paris, les défenseurs de la Charte furent victorieux sur tous les points. Mais le gouvernement qui s’était laissé entraîner à de telles mesures ne pouvait plus durer ; la crainte de l’anarchie préoccupait tous les esprits, et tous les vœux appelaient le duc d’Orléans à préserver la France de ce tleau. Le prince, informé de cette manifestation du vœu public, part à pied de Neuilly accompagné de M. Rerlhois , son aide de camp, du colonel Heymès et de M. Oudart, et arrive au Palais-Royal à dix heures du soir.

Le 51 juillet, à neuf heures du matin, les commissaires de la réunion des

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députés vinrent le trouver et I inviter à exercer les fonctions de lieutenant général du royaume, jusqu'à ce qu’il eût été statué ultérieurement.

Le duc d’Orléans répondit par une proclamation énergique , qui fut reçue dans Paris avec applaudissements. Cependant il pensa qu'il ne suffisait pas d’avoir fait ce grand acte, mais qu’il fallait encore le confirmer par une promulgation, et il résolut d’aller la faire en personne à l’ Hôtel-de-Ville. Au moment où le prince allait partir, la réunion des députés arriva en masse au Palais-Royal pour féliciter le lieutenant général; et aussitôt qu’elle eut connaissance du parti qu’il prenait, elle voulut s’y associer, et les députés s’écrièrent d’une voix unanime : « Nous vous « suivrons tous à l’ Hôtel-de-Ville. » En effet , ils partirent tous à pied , à la suite du prince qui était seul à cheval , avec le général Gérard et un ou deux aides de camp. A peine le prince fut-il aperçu par la multitude innombrable qui entourait le Palais-Royal et qui couvrait la place encore toute pleine des traces du combat , qu’elle s’élança dans la cour avec un enthousiasme impossible à décrire. Cette foule , qui semblait si bien sentir le bonheur d’échapper aux maux dont le dévouement du duc d’Orléans allait préserver la France , grossissait à chaque pas, et lui frayait un passage à travers les barricades, en l’entourant de leurs bénédictions. Ce fut au milieu de ce cortège que le duc d’Orléans arriva sur la place de l’Hôtel-de-Ville, sur cette place, principal théâtre de la glorieuse lutte soutenue pour la défense des lois.

Ce tableau représente la scène que nous venons de décrire, et contient les portraits île presque tous les députés qui se trouvaient présents à Paris. Nous en avons

Casimir Périrr. I, aliorde. La Fayette. Lobau.

extrait le groupe qui se trouve sur le devant du tableau, où sont représentés les membres du gouvernement provisoire et le préfet de la Seine, qui étaient sur le perron pour recevoir le lieutenant général du royaume et l’accompagner.

ANCIEN ET MODE R N E

Le général Lafayelte en habit de la garde nationale dont il avait été nommé, par le peuple et par le gouvernement provisoire, généralissime. Près de lui on voit l'auteur de cet ouvrage i, nommé également par le peuple, le 29 juillet, préfet de la Seine, le comle Lobau 2, M. de Schonen er, M. Odilon Barrot, membres du gouvernement provisoire.

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