‹ VersaillesChapitre 82 sur 115 · OR B A · texte numérisé non relu

OR B A

Entrée de l’aile du nord et vestibule de la Chapelle.

N° a du plan r<*z -de -chaussée

eux grandes salles servent d’entrée a l’aile du nord et de vestibule a la chapelle 1 ; la première d’ordre ionique , au rez-de-chaussée , l’autre d’ordre corinthien, à la hauteur des tribunes. Celle du rez-de-chaussée contenait a peine toutes les personnes du service qui venaient entendre la messe du roi. Nous avons choisi le moment où cette foule se prosterne ; une porte immense lui laissait apercevoir de tous côtés le fond de la chapelle. Cette pièce a deux portes qui s’ouvrent, l’une sur la galerie des statues, l’autre sur les appartements . on voit au milieu un grand bas-relief représentant Louis XIV au passage du llhin, qui remplace le Diogène du Puget. Deux escaliers en spirale conduisent de ce vestibule a celui qui lui correspond au-dessus. Ce dernier est plus orné que l'autre; il communique par trois portes a la tribune du roi. La porte du

1 Nous ne pailons point ici d’une salle qui communique avec le jardin , parce que c’est plutôt un passage qu’un vestibule.

milieu est enrichie de trophées d’église et de groupes de chérubins; les autres ont au-dessus deux bas-reliefs de Poultier et de Couslou jeune. Enlre les colonnes corinthiennes, sont deux statues, la Magnanimité, par Rousseau; la Gloire, par Varré. Attenant a cette salle , est une autre grande pièce, autrefois le vestibule de la Chapelle, aujourd’hui le salon d’Hercule, que nous décrirons bientôt; mais rien ne doit nous distraire ici de l’objet principal, de la magnifique chapelle de Versailles. Nous avons choisi le moment où madame de Maintcnon traverse la foule des courtisans pour s’y rendre.

Vestibule de la Chapelle de Versailles.

a Hu plan , premier ci.igt.

Intérieur de la Chapelle.

\° 5 du plan.

a vue de celte planche est prise de la tribune du roi, de la place meme qu’occupait Louis XIV pendant que madame de Maintenue s’établissait dans un des cabinets en bois qu’elle avait fait construire pour y être ga-

rantie du froid. C’est de cette tribune qu'on peut le mieux juger la beauté de cei édifice où tout a été si bien conçu , qu’on se croit à celte place de niveau avec le sol, et que cependant, vu du rez-de-cliaussée , il ne perd rien de ses avantages. L’élégante colonnade corinthienne se développe en laissant apercevoir l’intérieur de la galerie qui l’entoure et le jeu des pilastres si bien d’accord avec les colonnes; le tout dominé par une voûte superbe où quatre peintres ont figuré la vaste épopée du christianisme. Tout frappe, tout saisit dans cet admirable aspect aussi harmonieux dans son ensemble que gracieux dans ses détails.

IMan de la Chapelle

Il n’existait pas de chapelle a Versailles, car on ne pouvait donner ce nom à une vaste salle qu’on avait disposée pour le service divin , et dont nous donnerons bientôt la vue. Louis XIV résolut d’en construire une qui fût un modèle de magnificence et de goût, et il fut si satisfait du plan que Mansart lui présenta, qu’il eût construit cet édifice en marbre, si madame de Maintenon ne I en eût

A NCI K K K T MODKBNK.

sagement dissuade. Faite sur le plan de plusieurs églises d’Espagne et d’Italie , cette chapelle fut commencée en i 699 et finie en J 710 ; elle a cent trente-cinq pieds de longueur hors œuvre, et soixante-huit pieds huit pouces de largeur, soixante-dixneuf pieds de hauteur sous la clef de la voûte. Trois ordres de fenêtres ou vitraux , l’un sur l’autre , la décorent a l’extérieur et sont séparés par une suite de grands pilastres corinthiens , d’une faible saillie ; le tout couronné par une corniche corinthienne et une balustrade supportant vingt-huit statues en pierre de neuf pieds de haut. Le comble est orné d’arétiers de métal doré ; on regrette que ce bel édifice, engagé dans le palais, soit privé par la d’un portail qui en eût décoré l’entrée; l’intérieur présente une suite de colonnes qui s’élèvent tout au pourtour de l’ellipse sur autant d’arcades dont les archivoltes portent des reliefs d’un excellent travail. Le maître-autel est composé de marbre et ornements dorés. Nous regrettons de ne pouvoir faire connaître en détail tous les ouvrages de peinture et de sculpture qui se trouvent réunis dans ce magnifique édifice; nous indiquerons cependant les plus beaux. Au milieu du cœur sont les statues de Louis XIV et de Louis XIII par CoisevOx, au moment où ce dernier met son royaume sous la protection de la Vierge; au-dessus du maître-autel la résurrection par La Fosse.

Dans la chapelle du Saint-Sacrement, un tableau deSilvestre représente la pâque.

Dans la chapelle de Saint-Louis, N° \ du plan, on voit le bon saint roi , comme l’appelle Joinville , pensant les blessés et faisant enlever les morts après la bataille de la Mansour. Un bas-relief curieux en bronze représente le même saint Louis servant les pauvres a table. — Dans la chapelle de la Vierge, Boulogne jeune a bien fait comprendre, a bien su retracer ce culte si pur, si tendre de la Vierge, source de tant de consolations pour les âmes religieuses et de si belles conceptions dans les arts. Mais tous ces ouvrages cèdent à l’imagination et au pinceau de Coypel , dans la décoration de la voûte où il a voulu représenter le séjour céleste. Cet artiste, ordinairement assez faible, s’est surpassé ici ; il semble avoir été inspiré par son sujet; il s’est transporté dans les régions célestes, et, semblable au statuaire de l’antiquité qui recula d’épouvante a la vue de Jupiter qu’il venait de créer , Coypel aurait pu se prosterner devant sa sublime composition; il ne pouvait mieux retracer la majesté divine, la foi fervente et l’adoration en extase autour du créateur du monde. Ce cercle de prophète que La Fosse, les deux Boulogne , Jouvenet ont peint dans les compartiments, reporte aux merveilles de la chapelle Sixline ; il en est de même du goût et de la belle exécution des sculptures et des ornements; la vignette qui termine ce chapitre en pourra donner une idée. Celle belle chapelle, ce noble sanctuaire, précède dignement la longue suite

V FUSAI L L K S

r.sc

de salles consacrées h I histoire de France, elle donne le désir de connaître les annales d'nn peuple dont un seul souverain a pu créer tant de merveilles; mais avant de les décrire , entrons dans une salle attenante a cet édifice, et <pii servait autrefois de chapelle, nous voulons parler du salon d Hercule.

Dêcoralion du mailrc-auli'l de la Chapelle.

Page 1